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Lituanie : la Première ministre Inga Ruginienė démissionne après moins d'un an en fonction

La Première ministre lituanienne Inga Ruginienė a démissionné mardi avec son gouvernement, après dix mois de turbulences politiques et de tensions au sein de la coalition.
Lituanie : la Première ministre Inga Ruginienė démissionne avec son gouvernement après dix mois de turbulences politiques Tous droits réservés  Government of the Republic of Lithuania / Laima Penek
Tous droits réservés Government of the Republic of Lithuania / Laima Penek
Par Giedre Peseckyte
Publié le Mis à jour
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Après un mandat marqué par des crises à répétition et des controverses internes, Inga Ruginienė quitte la tête du gouvernement lituanien. Sa succession devrait être assurée par Mindaugas Sinkevičius, également social-démocrate.

"Rien n’est permanent en politique et nous, responsables politiques, devons comprendre que nos fonctions et nos postes ne sont pas éternels", a déclaré la Première ministre lituanienne Inga Ruginienė aux journalistes à l'issue de la dernière réunion de son cabinet.

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"On nous confie une certaine période pour faire du bon travail et je crois que ce gouvernement a fait bon usage de ce temps', a-t-elle ajouté.

Son bref passage à la tête du gouvernement a été marqué par une succession de crises : contrebande par ballons météorologiques, incursions de drones, adoption d’un budget de la défense record fixé à 5,38 % du PIB, mais aussi limogeage des ministres de la Culture et de la Défense.

La Première ministre sociale-démocrate a également été reconnue coupable d’avoir enfreint la loi en emmenant des membres de sa famille lors de déplacements officiels en Italie et au Vatican. Sa gestion d’informations liées à une fuite de données du Centre des registres a en outre suscité de vives critiques. Autant d’affaires qui ont progressivement érodé son autorité politique.

Inga Ruginienė a toutefois présenté sa démission comme faisant partie d’"un processus politique normal", affirmant que Mindaugas Sinkevičius était pressenti pour prendre la relève dès l’an dernier, mais que "cette étape a simplement été repoussée", sans donner davantage de détails.

Inga Ruginienė était arrivée au pouvoir en août dernier, après la démission de Gintautas Paluckas à la suite d’allégations (source en anglais) de pratiques financières non éthiques impliquant des prêts, des fonds européens et des liens d’affaires le concernant lui et ses proches.

Inga Ruginienė devrait revenir là où "son cœur se trouve vraiment", au fauteuil de ministre de la Sécurité sociale, une fois qu’un nouveau cabinet, appelé à être dirigé par Mindaugas Sinkevičius, aura été formé et approuvé.

Le président Gitanas Nausėda devrait soumettre jeudi au Seimas, le Parlement lituanien, la candidature du dirigeant social-démocrate Mindaugas Sinkevičius, selon LRT (source en anglais). Une fois le candidat approuvé par le Seimas, le président doit nommer le Premier ministre et lui confier la formation du gouvernement.

Le gouvernement sortant d’Inga Ruginienė restera en fonction (source en anglais) jusqu’à la formation du nouveau gouvernement.

Le numéro d’équilibriste du ministre des Affaires étrangères

Si Mindaugas Sinkevičius a déclaré la semaine dernière que les changements au sein du cabinet ne seraient pas "majeurs", les spéculations se poursuivent sur l’avenir du ministre des Affaires étrangères Kęstutis Budrys, que l’on dit plus proche du président que des sociaux-démocrates.

Kęstutis Budrys doit désormais se livrer à un délicat exercice d’équilibre.

Il est chargé de normaliser les relations avec la Chine, l’un des principaux engagements de politique étrangère inscrits dans l’accord de la nouvelle coalition. "Dans le cas contraire, nous examinerons la question [de l’avenir de Kęstutis Budrys] sous un autre angle", a déclaré le président Gitanas Nausėda, rapporte LRT (source en anglais).

Mais, au niveau de l’UE, la Lituanie se range aux côtés de la France, de l’Italie, de l’Espagne et des Pays-Bas, des pays qui, lors du Conseil européen de la semaine dernière, ont plaidé pour un recours plus large aux droits de douane et à d’autres instruments de défense commerciale afin de contrer les pratiques déloyales de la Chine.

La recomposition du gouvernement intervient alors que les sociaux-démocrates ont écarté le mouvement populiste Dawn of Nemunas de la coalition au pouvoir, les Démocrates "Pour la Lituanie" ayant accepté de revenir dans la coalition.

En vertu du nouvel accord de coalition, les sociaux-démocrates, premier parti au Seimas, conserveront neuf ministères : environnement, finances, défense, culture, sécurité sociale, transports, éducation et sport, affaires étrangères et intérieur. Les Démocrates "Pour la Lituanie" dirigeront trois portefeuilles : santé, agriculture et énergie. Les Farmers and Greens et leurs alliés garderont l’économie et la justice.

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