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À Berlin, les dirigeants de l’E5 consolident la construction d’un pilier européen de défense

Les dirigeants de l'Allemagne, de la France, de l'Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni participent au sommet E5 à Berlin avant le sommet de l'OTAN, mercredi 24 juin 2026.
Les dirigeants allemand, français, italien, polonais et britannique participent au sommet E5 à Berlin avant le prochain sommet de l’OTAN, mercredi 24 juin 2026. Tous droits réservés  AP Photo/Michael Kappeler
Tous droits réservés AP Photo/Michael Kappeler
Par Luca Bertuzzi
Publié le Mis à jour
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En amont du sommet de l'OTAN qui doit se tenir les 7 et 8 juillet prochains, Emmanuel Macron, Keir Starmer, Giorgia Meloni, Donald Tusk et Friedrich Merz se sont réunis pour discuter du renforcement de la défense européenne et du soutien à l’Ukraine.

Le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni et le Premier ministre polonais Donald Tusk se sont retrouvés à Berlin mercredi pour un sommet E5 accueilli par le chancelier allemand Friedrich Merz.

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Le format E5 a été lancé en 2024 afin de réunir les ministres de la Défense des principales puissances militaires européennes et des plus gros contributeurs aux budgets de défense, pour coordonner le soutien à l’Ukraine, répondre au retrait progressif des États-Unis d’Europe et mettre sur pied des projets de défense communs.

Ce rassemblement des membres européens les plus influents de l’OTAN intervient à la veille d’un sommet clé de l’Alliance, les 7 et 8 juillet à Ankara.

Le sommet E5 visait aussi à prolonger ce qu’Emmanuel Macron a qualifié de "moment d’Évian", lorsque les dirigeants du G7, dont le président américain Donald Trump, ont affiché leur unité dans le soutien à l’effort de guerre de l’Ukraine et dans le renforcement de la pression sur la Russie pour qu’elle s’engage sérieusement dans des pourparlers de paix.

"Le processus qui a débuté lors du sommet du G7 à Évian s’est poursuivi au Conseil européen de la semaine dernière, et doit se prolonger avec le sommet de l’OTAN à Ankara, puis avec la "coalition des volontaires" en soutien à l’Ukraine et aux garanties de sécurité" , a déclaré Emmanuel Macron lors de la conférence de presse qui a suivi le sommet E5.

Coalition des volontaires

Malgré la tourmente politique qui a frappé Londres lundi, après la démission de Keir Starmer de son poste de Premier ministre, sous la pression de son propre Parti travailliste à la suite d’une débâcle aux élections locales, Berlin a maintenu la tenue de ce sommet E5 à forts enjeux.

Keir Starmer a joué un rôle central dans les discussions sur la sécurité européenne, co-dirigeant avec Macron la "coalition des volontaires", qui vise à offrir des garanties de sécurité et des engagements militaires dans le cadre d’un futur accord de paix avec l’Ukraine.

Reste une inconnue : le degré d’engagement de son probable successeur à Downing Street, Andy Burnham, envers les promesses de dépenses militaires et le processus de paix ukrainien.

Friedrich Merz a placé l’Allemagne au poste de co-présidence de la coalition, un rôle qui pourrait encore gagner en importance si la crise politique au Royaume-Uni s’aggrave ou si l’orientation de sa politique venait à changer.

Début juin, Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz ont rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans le cadre du format E3 pour discuter des garanties de sécurité et du soutien militaire, en particulier en matière de défense antimissile balistique et de capacités de frappe en profondeur.

Cette rencontre a suscité des critiques de l’Italie et de la Pologne, exclues des discussions, ce qui a conduit à l’élargissement du format à l’E5 afin d’y associer les deux autres grandes puissances militaires européennes.

Les partisans de l’E5 estiment que l’E3 constitue une base de décision trop étroite, notamment compte tenu du rôle de la Pologne comme hub logistique crucial pour l’effort de guerre ukrainien ; tout accord de paix, disent-ils, nécessiterait une implication étroite de Varsovie. Or une grave crise diplomatique est actuellement en train de creuser un fossé entre la Pologne et l’Ukraine.

D’autres considèrent l’E3 comme le format naturel pour des discussions avec la Russie, le groupe disposant d’un poids militaire sans équivalent en matière de dissuasion nucléaire, de renseignement et de capacités de frappe en profondeur.

Le pilier européen de l’OTAN

Le sommet d’Ankara intervient à un moment critique pour l’OTAN, Donald Trump étant irrité contre les alliés européens en raison de leur manque de soutien à sa guerre en Iran. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a rencontré le président américain mercredi dans le cadre d’une opération de séduction. Mark Rutte a participé aux échanges entre dirigeants européens par visioconférence.

En toile de fond du prochain sommet de l’OTAN figure la réduction progressive de la présence américaine en Europe, qui ne concerne pas seulement les moyens militaires classiques, mais aussi ce que l’on appelle les "capacités de soutien stratégique" : la logistique, les structures de commandement et les infrastructures qui conditionnent la capacité à projeter et à maintenir une puissance de combat.

"Nous sommes réunis aujourd’hui, dans le format E5, pour confirmer que nos pays préserveront l’unité européenne et l’unité transatlantique", a déclaré le Polonais Donald Tusk en conférence de presse.

La semaine dernière, le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a vertement critiqué les alliés de l’OTAN lors d’une réunion des ministres de la Défense à Bruxelles, appelant les Européens à assumer davantage la responsabilité de leur propre sécurité alors qu’il annonçait un réexamen, sur six mois, des effectifs américains déployés sur le continent.

Lors de la conférence de presse, le chancelier Friedrich Merz a souligné que tous les pays concernés s’étaient engagés à augmenter sensiblement leurs dépenses de défense, ce qu’il considère comme "poser les bases d’un partenariat transatlantique plus équilibré".

La question centrale qui se posait mercredi aux principales puissances militaires européennes était de savoir comment renforcer le pilier européen de l’OTAN et remplacer progressivement les capacités militaires américaines dans la région, avec l’E5 en premiers rôles.

Friedrich Merz a indiqué que les puissances de l’E5 s’étaient accordées pour coordonner étroitement leur action face aux grands défis de défense, comme les armements de longue portée, la défense aérienne et l’intelligence artificielle.

"Nous sommes tous clairement d’accord pour dire que l’Europe doit assumer ses responsabilités en matière de défense et de sécurité, en poursuivant résolument la voie engagée vers un pilier européen plus solide au sein de l’Alliance atlantique ", a déclaré Giorgia Meloni.

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