Les organisateurs et les participants assurent que, depuis le 12 avril, ils sont un peu plus proches de leurs objectifs, mais qu’il leur reste encore beaucoup à faire.
La 31e marche de la fierté LGBT s’est tenue ce samedi 27 juin à Budapest sous une canicule record. Il s’agissait surtout de la Pride depuis la chute du gouvernement Orbán, en avril dernier.
"Rendons-le clair aujourd’hui encore : l’égalité n’est ni une requête, ni une question, c’est un droit !", a lancé, dans un discours prononcé sur l’un des camions avant le départ du cortège, Filó Mariann, organisatrice du Budapest Pride.
La foule s’est mise en marche peu après 15 heures devant l’Opéra, a emprunté le Kiskörút puis le pont Erzsébet avant de rejoindre le Vérmező.
"Ce qui comptait l’an dernier, c’est que les gens manifestaient aussi contre le système, pas seulement pour les droits des personnes LGBT", se souvient un participant en évoquant le Budapest Pride emblématique de l’année passée. "Cette année, le sentiment est déjà plus libéré. Tout le monde essaie de se réjouir du fait que ce qui se passait jusque-là est enfin terminé. Il reste bien sûr la question de savoir comment la liberté de réunion sera garantie dans la loi et sur le plan juridique, mais je pense que ces problèmes seront résolus", a-t-il ajouté.
Avant la marche, le maire de Budapest, Gergely Karácsony, a rencontré la commissaire européenne à l’égalité Hadja Lahbib, en visite dans la capitale hongroise, qui a déclaré que le Budapest Pride de cette année est soutenu par plusieurs centaines de milliers de personnes venant de 36 pays.
Défense des droits des minorités
"En avril, les Hongrois ont décidé de prendre leur avenir en main. Ils ont choisi l’Europe, ils ont choisi la démocratie, ils ont choisi une Hongrie où chacun à sa place. Le Pride de cette année est la dernière preuve en date de ce nouveau départ, la preuve que le vent du changement souffle sur cette grande nation, et nous le ressentons tous", a déclaré la responsable européenne.
Hadja Lahbib a également salué le courage du maire qui, l’an dernier, malgré les interdictions, avait défendu avec fermeté les droits des minorités en Hongrie en soutenant la tenue de la marche, qui a été le plus grand Budapest Pride jamais organisé.
Gergely Karácsony a rappelé l’arrêt rendu en avril par la Cour de justice de l’Union européenne, qui a conclu que la loi hongroise de 2021 sur la protection de l’enfance discrimine illégalement la communauté LGBTQ+. Selon lui, la juridiction européenne a estimé au printemps qu’une partie des mesures prises auparavant par le gouvernement, qui servaient selon lui des objectifs politiques et de propagande et présentaient la communauté LGBTQ+ sous un jour négatif aux yeux de la majorité, étaient contraires au droit de l’Union européenne.