L’événement sur invitation a attiré près de 10 000 personnes, dont le chef de l’Otan Mark Rutte, suscitant des protestations locales contre la fermeture du parc tout le week-end.
Alors que les relations transatlantiques se sont tendues ces dernières années, les États-Unis ont célébré, ce dimanche 28 juin, le 250e anniversaire de leur indépendance au parc du Cinquantenaire, à Bruxelles, juste à côté des institutions européennes.
Près de 10 000 invités ont profité d’une journée entière d’animations et de spectacles, qui s’est achevée par un show de drones et un feu d’artifice. De nombreux militaires américains stationnés dans la capitale belge étaient également présents.
Baptisée "250 Years of Independence: Building Our Future Together", cette fête fastueuse proposait diverses "activités américaines" comme du base-ball, un taureau mécanique et de la danse. Les festivités ont également été rythmées par un survol aérien cérémoniel.
L’ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White, a lancé les célébrations devant un parterre de personnalités. S'en est suivie une série de discours prononcés notamment par le Premier ministre belge Bart De Wever, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte et la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.
Dans un message vidéo, le président Donald Trump a remercié les participants, en rappelant que les peuples belge et américain ont "défendu notre civilisation commune, des tranchées de la Première Guerre mondiale aux forces belges libres qui ont combattu aux côtés des Américains pendant la Seconde Guerre mondiale".
Donald Trump a ajouté que les 14 000 soldats américains reposant à jamais sur le sol belge rappellent "ce qu’il faut pour préserver la liberté que nous célébrons aujourd’hui dans la joie".
Dans son discours, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a souligné que pour un Néerlandais comme lui, et pour d’innombrables autres, les États-Unis, tels que les décrivait Ronald Reagan, sont et resteront "la ville lumineuse au sommet de la colline, un phare et un guide".
"Nous sommes ici pour célébrer une relation et une amitié transatlantiques qui ont donné naissance aux meilleurs moments de l’histoire et sont restées solides dans les pires", a déclaré la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, saluant l’événement et citant une expression américaine : "“Go big, or go home”, et vous avez clairement été à la hauteur", a-t-elle lancé à l’adresse de l’ambassadeur américain White.
Protestations d’habitants et de plusieurs organisations
Le site était placé sous de fortes mesures de sécurité, tandis que des habitants ont manifesté. Le choix du lieu suscite la controverse : l’accès sur invitation dans un parc public provoque une forte frustration parmi les habitants de Bruxelles.
Le parc du Cinquantenaire est entièrement fermé depuis samedi soir jusqu’au lundi, avec des contrôles d’identité assurés par une société de sécurité privée.
Les riverains déplorent l’absence de communication autour de l’événement, ainsi que la fermeture pendant plusieurs jours de l’un des plus grands parcs publics de la ville, alors qu’une vague de chaleur touche l’Europe depuis une semaine.
Par ailleurs, l’événement a servi de cadre à des manifestations anti-américaines organisées par de nombreuses associations de l’autre côté du parc et dans les rues voisines, en dehors du périmètre de sécurité.
Greenpeace a déroulé une immense banderole sur la Grand-Place historique de la capitale belge. Sur cette bannière de 600 mètres carrés, on pouvait lire : "Guerre. Avidité. Crise énergétique. Qu’y a-t-il à célébrer ?".
Dans un communiqué, Greenpeace a dénoncé l’utilisation de cette cérémonie pour "promouvoir le programme politique et économique de Donald Trump". "La célébration à Bruxelles se déroule sur fond d’aggravation de l’instabilité mondiale, alimentée par la Maison-Blanche", ajoute le texte.
Financement privé et liens transatlantiques
D’autres collectifs, dont Extinction Rebellion, Indivisible Belgium et Rise for Climate, ont également dénoncé l’événement, protestant contre la privatisation du parc public.
"L’opération menée par l’ambassadeur Bill White est une arnaque. Il s’agit de Freedom 250, une société privée créée par Donald Trump et J.D. Vance pour attirer l’argent des entreprises, aux États-Unis comme en Belgique et dans d’autres pays européens", affirme Christopher Hunter, du collectif Indivisible Belgium. "Ils ont transformé l’anniversaire des États-Unis en une nouvelle occasion de faire de l’argent", ajoute-t-il.
Interrogé sur les perturbations et les protestations, Bill White a reconnu qu’il ignorait les motivations précises des manifestants. "Je ne sais pas contre quoi ils protestent, mais j’aimerais le savoir", a-t-il déclaré, selon les médias belges.
S’agissant du financement de l’événement, l’ambassadeur a indiqué avoir recueilli plus de 5 millions de dollars (4,3 millions d’euros) auprès de plus de 220 donateurs, des entreprises américaines et belges ainsi que des particuliers.
Parmi les principaux sponsors figurent des multinationales américaines comme Meta, Microsoft, Nike ou McDonald’s, ainsi que de grands noms belges tels que Leonidas, le port d’Anvers-Bruges, Sabena, Van Moer Logistics et Sibelco.
Interrogé par des journalistes sur le fait de savoir si l’ampleur de l’événement visait précisément à contribuer à réparer des relations transatlantiques mises à mal, Bill White a écarté catégoriquement l’idée de tensions profondes, préférant mettre en avant l’histoire commune des deux nations.
"Laissons de côté une partie du bruit médiatique qui cherche à susciter des polémiques ou à mettre en avant plus de divisions qu’il n’en existe réellement", a déclaré Bill White. "Nous savons que nous avons une relation exceptionnelle qu’il nous faut chérir et poursuivre."