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"Flotte fantôme" russe : le propriétaire du Tagor condamné à 1 million d’euros par la France

Le Tagor lors de son arrivée à Crozon le 2 juin 2026
Le Tagor lors de son arrivée à Crozon le 2 juin 2026 Tous droits réservés  Capture video
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Par Jean-Philippe Liabot
Publié le
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La justice française a condamné à un million d'euros d'amende le propriétaire d'un pétrolier soupçonné d'appartenir à la « flotte fantôme » russe. Ce vaste réseau de navires permet à Moscou de continuer à exporter son pétrole malgré les sanctions occidentales.

Le propriétaire d'un pétrolier soupçonné d'appartenir à la « flotte fantôme » russe a été condamné à une amende d'un million d'euros par la justice française. Près de deux mois après l'interception du Tagor au large des côtes bretonnes, cette décision s'inscrit dans le renforcement des contrôles visant les exportations de pétrole russe en violation des sanctions occidentales.

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Le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger, a indiqué que cette condamnation faisait suite à une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité. La société propriétaire du navire, enregistrée aux Îles Marshall, a admis les infractions qui lui étaient reprochées, notamment la navigation sous un pavillon non valide et le refus d'obtempérer aux injonctions des autorités françaises.

En contrepartie, le Tagor a été autorisé à quitter les eaux territoriales françaises et la baie de Douarnenez où il était à l'ancre depuis un mois. Son propriétaire s'est en outre engagé à obtenir rapidement un pavillon conforme au droit international afin de pouvoir reprendre la mer.

Le Tagor est le quatrième pétrolier lié à Moscou intercepté par les autorités françaises depuis septembre 2025.

Le mois dernier le président Emmanuel Macron avait prévenu que tout navire participant au contournement des sanctions était susceptible d'être intercepté.

Qualifiées de « piraterie internationale » par Moscou, ces interceptions sont défendues par l'Occident comme un moyen nécessaire pour asphyxier l'effort de guerre russe.

Un navire au cœur de la « flotte fantôme » russe

Le Tagor figure parmi les navires soupçonnés d'appartenir à la « flotte fantôme » utilisée par Moscou pour continuer à exporter son pétrole malgré les sanctions imposées par l'Union européenne, les États-Unis et plusieurs pays du G7 depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Cette flotte parallèle est composée de centaines de pétroliers vieillissants, souvent immatriculés sous des pavillons de complaisance ou changeant régulièrement d'immatriculation afin de compliquer leur identification.

Le Tagor a ainsi successivement navigué sous les pavillons de Madagascar, des Îles Marshall et du Panama et s'est appelé aussi le Piper selon le site spécialisé Marine Traffic.

Ces navires sont régulièrement accusés d'échapper aux contrôles internationaux, de masquer leurs itinéraires grâce à la désactivation de leurs systèmes de localisation et de transférer leur cargaison de pétrole en mer afin de contourner les restrictions commerciales.

Sources additionnelles • AFP

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