Le pétrolier Grinch a quitté les eaux françaises après que la société propriétaire du navire a payé une amende de "plusieurs millions d'euros".
La France a déclaré mardi qu'elle avait libéré un pétrolier soupçonné d'appartenir à la "flotte fantôme" sanctionnée par la Russie, après que son propriétaire a payé une amende de plusieurs millions d'euros.
Le navire, baptisé "Grinch", avait été saisi par les forces françaises en Méditerranée le 22 janvier, car il était soupçonné d'avoir transporté du pétrole en violation des sanctions imposées à la Russie.
Il était parti de Mourmansk, dans le nord de la Russie, et battait un faux pavillon comorien, selon les autorités françaises, qui l'ont détourné vers le port de Marseille.
Mardi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que le Grinch quittait les eaux françaises "après avoir payé plusieurs millions d'euros et trois semaines d'immobilisation coûteuse".
"Le contournement des sanctions européennes a un prix", a-t-il écrit sur X. "La Russie ne pourra plus financer sa guerre en toute impunité grâce à une flotte fantôme au large de nos côtes".
La société propriétaire du Grinch a été condamnée à payer une pénalité pour ne pas avoir justifié son pavillon, ont indiqué les autorités maritimes et les procureurs français dans un communiqué.
Le capitaine du navire, un ressortissant indien de 58 ans, a été remis aux autorités judiciaires le mois dernier après que le Grinch a été saisi et détourné vers Marseille, ont indiqué les procureurs. Il devrait être jugé ce mois-ci pour le refus présumé de l'équipage de coopérer.
On pense que la Russie utilise une flotte fantôme de plus de 400 navires pour échapper aux sanctions liées à sa guerre contre l'Ukraine. Plusieurs pays occidentaux ont promis de sévir contre cette flotte.
Cette flotte se compose de navires et de pétroliers vieillissants appartenant à des entités non transparentes ayant leur adresse dans des pays ne faisant pas l'objet de sanctions et naviguant sous le pavillon de ces pays.
Les alliés de l'Ukraine ont de plus en plus souvent sanctionné des pétroliers clandestins afin de dissuader les clients de prendre leur pétrole, ce qui porte à 640 le nombre de sanctions imposées par les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne.
Ces derniers mois, les forces américaines ont saisi ou tenté de capturer au moins sept navires liés au pétrole vénézuélien sanctionné, dont un qui a changé de pavillon pour un pavillon russe en cours d'opération.