Le 14 juillet 2016, un camion a foncé dans la foule rassemblée sur la promenade des Anglais pour les célébrations de la Fête nationale. Le souvenir de ce drame, qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés, reste vivace chez les victimes et leurs proches.
Les commémorations des dix ans de l'attentat de Nice ont débuté ce dimanche par une marche blanche qui a rassemblé un millier de personnes sur la promenade des Anglais.
Mené par près de 300 proches de victimes, le cortège a retracé le trajet du camion qui a foncé dans la foule lors des célébrations de la Fête nationale, le 14 juillet 2016, faisant 86 morts et plus de 400 blessés.
Aux côtés de quatre associations de victimes, plusieurs élus et personnalités locales ont participé à la marche, dont le nouveau maire de Nice, Éric Ciotti.
"C'est ce que les associations de victimes et la municipalité ont souhaité : une marche sobre, humble, qui soit tournée vers la mémoire des victimes", a déclaré l'édile. "Beaucoup de victimes sont présentes ce matin et on mesure leur choc traumatique dix ans plus tard".
"On s'est réapproprié la promenade des Anglais"
Les participants à la marche blanche ont déposé des fleurs à proximité du lieu où le camion a été arrêté et où son conducteur a été abattu par les forces de l'ordre. Les familles des victimes se sont ensuite rassemblées dans un jardin voisin, où les photos de leurs proches disparus avaient été accrochées à un arbre.
Dix ans plus tard, le souvenir de cette nuit tragique reste vivace chez les personnes ayant assisté au drame.
"C'était très émouvant", a confié Hager Ben Aouissi, présidente de l'association "Une voie des enfants". "C'était dur aussi de se dire qu'on allait refaire ce trajet de ce camion qui a causé tant d'horreurs cette nuit-là et auquel on a échappé de peu, nous. On a échappé de peu à la mort avec ma fille, mes parents, ma sœur, ma nièce".
"Aujourd'hui, c'est ce qu'on a fait : on s'est réapproprié la promenade des Anglais. Il n'a pas réussi à la prendre et il n'a pas réussi à prendre l'humanité qui est en nous, et la vie en fin de compte", a-t-elle ajouté.
Depuis l'attentat, plusieurs organisations ont été créées pour accompagner les victimes dans leurs démarches juridiques et leur apporter un soutien psychologique. C'est notamment le cas de l'association "Life for Nice", qui souhaite "améliorer le quotidien [des] victimes et de leurs familles tout en veillant à la mémoire des disparus".
"Moi je suis dans la résilience, donc ça permet de voir qu'on n'est pas tout seul et que les gens s'approprient également ce moment important, même si ça fait dix ans", a confié Patrick Prigent, le président de "Life for Nice", dimanche, en marge du cortège.
"Je suis ici pour honorer la mémoire de toutes les victimes de l'attentat, parce que mon oncle en fait partie", a déclaré Georges Bilello, également présent à la marche blanche. "Et pour moi, c'est important d'être ici pour le passé, le présent et surtout le futur".
Les commémorations se poursuivent ce lundi avec une cérémonie interreligieuse et se concluront mardi par un grand rassemblement à 18 heures 15, en présence d'Emmanuel Macron, qui sera suivi d'un spectacle de drones à 22 heures.