Loader
Suivez-nous
Publicité

300 personnalités signent une tribune de soutien à la DJ Barbara Butch

La DJ Barbara Butch.
La DJ Barbara Butch. Tous droits réservés  Capture d'écran/Instagram
Tous droits réservés Capture d'écran/Instagram
Par Nathan Joubioux
Publié le Mis à jour
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google
Partager Close Button

Samedi, l'artiste a dû quitter la scène après qu'une centaine de manifestants pro-palestiniens et du parti La France Insoumise ont perturbé son concert. Ils lui reprochent son soutien à la proposition de loi Yadan et un concert donné en Israël l'année passée.

"Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine." C'est le titre d'une tribune publiée ce mardi 21 juillet dans Libération et signée par quelque 300 personnalités en soutien à l'artiste Barbara Butch. Son concert organisé samedi 18 juillet à Grenoble a été interrompu par une centaine de militants pro-palestiniens et du parti La France Insoumise (LFI).

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Pendant son set, la DJ queer de confession juive a été insultée, sifflée et visée par des projectiles, dont des bouteilles en verre, avant d'être exfiltrée de la scène.

"Le combat pour les droits du peuple palestinien, légitime et nécessaire, ne saurait justifier la diffusion d’accusations infondées visant une personne en raison de son identité, de supposées appartenances, ou même de ses opinions", écrit le chercheur et directeur de l’association Boussole antiraciste Jonas Pardo, auteur de la tribune.

Parmi les signataires se trouvent les historiens Tal Bruttmann, Patrick Boucheron et Vincent Lemire, la sociologue Eva Illouz, le directeur du Festival d'Avignon Tiago Rodrigues, l'autrice Marie Darrieussecq, les acteurs Alain Chabat, Géraldine Nakache, Vincent Elbaz et Ludivine Sagnier ou encore Jean-Pierre et Luc Dardenne, tous deux réalisateurs.

"Barbara Butch n’est pas attaquée pour ses œuvres, ses prises de parole ou ses actes. Elle est visée à travers des imaginaires antisémites et LGBTphobes dont l’histoire est ancienne",est-il écrit dans cette tribune.

Loi Yadan et concert à Tel-Aviv

Le concert de Barbara Butch faisait l'objet, depuis le mois de mai, d'appel au boycott en raison de sa signature d'une tribune en soutien à la très contestée proposition de loi Yadan, qui visait à "lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme", mais qui a depuis été retirée.

Le texte, qui voulait élargir le délit d'apologie du terrorisme, était vu par ses opposants comme un risque pour la liberté d'expression et un possible amalgame dangereux entre les Français juifs et Israël. Une pétition contre cette proposition de loi a été signée par plus de 700 000 personnes.

"J'ai signé une tribune, je n'aurais pas dû le faire", avait reconnu, le 24 mai, l'artiste auprès de France info.

Les militants reprochent également à la DJ de 45 ans la tenue d'un concert au sein de la résidence de l'ambassadeur français d'Israël à Tel-Aviv le 12 juin 2025, quelques jours seulement après l'interception du bateau humanitaire Madleen par les autorités israéliennes.

"En tant que militant·es trans, nous sommes contre le pinkwashing israélien. Barbara Butch a une image queer qui sert pleinement un agenda politique", a déclaré à Mediapart, la porte-parole de l’Organisation de solidarité trans, à l’origine d’un appel au boycott lancéen parallèle de la mobilisation de LFI.

Une enquête ouverte

Dans une tribune publiée dans Le Monde, lundi 20 juillet, la DJ et Audrey Msellati, son avocate, assurent que "l'antisionisme invoqué n'a été, à Grenoble, que le vêtement de l'antisémitisme". "Désigner à la vindicte des individus issus d’une minorité sous prétexte de s’opposer à leur opinion, réelle ou supposée, n’a rien à voir avec l’exercice du débat démocratique », écrivent-elles, précisant que des plaintes sont "prêtes" à être déposées.

"J'ai eu peur. Je le dis simplement, parce que c'est la vérité, et parce que je ne veux pas faire semblant d'être plus forte que je ne le suis. Ce qui s'est passé n'est pas un accident ni un débordement. C'est l'étape suivante d'une campagne qui, depuis des mois, cherche à m'exclure de la vie artistique et publique", a également écrit l'artiste sur son compte Instagram.

Ce mardi, le parquet de Grenoble a ouvert une enquête pour "délit d'entrave concertée aux libertés". Un délit puni d'un an d'emprisonnement.

La mairie de Grenoble, qui a confirmé les jets de bouteilles en verre et autres projectiles, a annoncé déposer une plainte contre X. Alexis Monge, adjoint à la culture, a, lui, porté plainte pour intimidation et jets de projectiles.

LFI réfute l'antisémitisme

"On est extrêmement fiers d'avoir participé à cette manifestation pacifique", a assuré, auprès de l'AFP, Allan Brunon. L'élu LFI à la mairie de Grenoble a toutefois réfuté les affirmations selon lesquelles des projectiles ont été lancés vers la DJ.

"Si c’est le cas, je désapprouve et je le regrette. Nous n’avons jamais appelé à la violence contre Barbara Butch. Nous n’avons rien à regretter, nous étions à notre place", a-t-il également assuré dans les colonnes de Mediapart.

Invitée de BFM-TV, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, a qualifié de "mauvais" le tract appelant à l'interruption du concert mais a rejeté les accusations d'antisémitisme.

"Je ne serai jamais d'accord ni avec des insultes, ni avec des jets de projectiles, ni avec le cyberharcèlement d'une personnalité", a également déclaré l'élue, qui ensuite souligné la signature de la DJ à la tribune et le concert à l'ambassade de France en Israël.

L'artiste déjà prise pour cible pendant les JO

Il y a deux ans, Barbara Butch avait déjà été au centre de l'actualité après sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Elle avait été la cible d'une violente campagne de cyberharcèlement et de diffamation.

Ses détracteurs critiquaient alors le tableau auquel elle avait participé, sur la passerelle Debilly, juste devant la tour Eiffel, que certains observateurs avaient perçu comme une parodie de La Cène de Léonard de Vinci. La Conférence des évêques de France avait notamment déploré "des scènes de dérision et de moquerie à l'égard du christianisme".

Audrey Msellati avait alors révélé que Barbara Butch avait fait face à des menaces de "mort, de torture et de viol", ainsi qu'à de "nombreuses insultes antisémites, homophobes, sexistes et grossophobes".

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google

À découvrir également

Loi Yadan : les députés macronistes retirent leur texte, le gouvernement prendra le relais

Loi Yadan : le succès d'une pétition contre le texte ouvre la voie à un débat à l'Assemblée

L'Union européenne réduit de plus de 70 % la dose admissible du TFA, un « polluant éternel »