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Ouverture du procès d'un ex-djihadiste français soupçonné d'être un bourreau de l'EI

En 2014, des combattants de l'EI, depuis les environs de Suruç, à la frontière entre la Turquie et la Syrie, après avoir hissé le drapeau de l'organisation..
En 2014, des combattants de l'EI, depuis les environs de Suruç, à la frontière entre la Turquie et la Syrie, après avoir hissé le drapeau de l'organisation.. Tous droits réservés  (AP Photo/Lefteris Pitarakis, File)
Tous droits réservés (AP Photo/Lefteris Pitarakis, File)
Par Nina Borowski
Publié le
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Un Français de 32 ans, qui a passé huit ans en Irak et en Syrie, comparaît à partir de lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris. Des photos de cadavres décapités sont au cœur de l’accusation.

Une plongée dans les années de terreur imposées par Daech dans les années 2010. Le procès du djihadiste français Othman Garrido s'ouvre ce lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris. Originaire de Montpellier, cet homme de 32 ans, qui a passé huit ans en Irak et en Syrie, est jugé pour assassinat et meurtres et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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Comptant parmi les quelque 1 500 Français ayant rejoint les zones contrôlées par l’organisation djihadiste, Othman Garrido est parti en Syrie à l’âge de 18 ans en 2012.

Plusieurs membres de sa famille ont également rallié les rangs de l'EI. Son père, un Franco-Espagnol converti à l’islam, est mort en kamikaze en 2016 et ses deux frères ont été tués au combat.

Othman Garrido a d’abord rejoint Jabhat al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, avant de combattre dans les rangs de l’EI, puis d'être finalement arrêté et expulsé par la Turquie vers la France en 2020.

Des photos de décapitations au cœur de l’accusation

Le Français sera notamment interrogé sur plusieurs photographies découvertes dans un téléphone attribué à sa femme, qu’il avait épousée religieusement dans les zones sous contrôle de l’EI et avec laquelle il a eu deux enfants.

Ces photos, au cœur du dossier de l’accusation, ont été remises aux enquêteurs français par les États-Unis, à la tête de la coalition internationale qui a participé à la chute du territoire contrôlé par l’État islamique en 2019.

Sur l’une d’elles, un homme au visage partiellement dissimulé par un foulard pose devant le cadavre décapité d’un homme, la tête de la victime se trouvant à ses pieds. Du sang est visible sur ses mains tandis qu’il pointe un index vers le ciel, un geste associé à l’allégeance à l’EI. Les enquêteurs soupçonnent l’homme photographié d’avoir lui-même commis le meurtre.

La photo n’est toutefois ni datée ni géolocalisée, la victime n’a pas été identifiée et les expertises n’ont pas permis de déterminer formellement l’identité de l’homme au visage dissimulé.

Othman Garrido a reconnu lui ressembler, tout en contestant avoir participé à la décapitation. Il a notamment évoqué la possibilité que l’homme photographié soit l’un de ses frères.

Exécution de deux Iraniens

Un second volet de l’affaire porte sur l'exécution de deux Iraniens en 2015 à Al-Qaryatayn, dans le centre de la Syrie. L’Iran était alors engagé aux côtés du régime de Bachar al-Assad dans la guerre civile syrienne.

D’autres clichés extraits du même téléphone montrent plusieurs djihadistes autour des corps des deux victimes, décapitées, leurs têtes tranchées placées sur leurs corps.

Othman Garrido figure sur plusieurs de ces images. Souriant, il pose notamment aux côtés des deux hommes soupçonnés d’avoir procédé aux exécutions, les djihadistes français Yacine Rettoun et Oumar Diaw, désormais présumés morts.

Il apparaît également à bord du pick-up ayant servi à transporter les deux Iraniens jusqu’au lieu de leur exécution. Othman Garrido reconnaît avoir été présent lors de leur mise à mort.

Une "déconstruction idéologique"

Le procès doit aussi permettre de retracer le parcours de l’accusé et d’examiner sa personnalité, notamment à travers les témoignages de ses proches et les conclusions des experts.

Othman Garrido a grandi dans une famille imprégnée par l’idéologie djihadiste. Son enfance est marquée par la radicalisation religieuse et il est déscolarisé à l’âge de 12 ans pour travailler sur les marchés avec son père.

Les psychiatres et psychologues chargés de l’examiner considèrent néanmoins qu’il semble s’être progressivement éloigné de l’idéologie djihadiste depuis son incarcération. En avril 2023, l’administration pénitentiaire estimait qu’il paraissait avoir engagé "une déconstruction idéologique".

Othman Garrido avait déjà été condamné en 2017 à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint les rangs de l’État islamique, participé à des combats en Syrie et appelé des musulmans de France à commettre des actions violentes.

Cette condamnation avait été prononcée en son absence, alors qu’il se trouvait toujours en Syrie. Il doit donc être rejugé en sa présence pour ces faits, dès le lendemain de la fin prévue de son procès pour assassinat et meurtres.

Sources additionnelles • AFP

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