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L'Espagne devient le premier pays européen à instaurer un congé menstruel

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Par Euronews
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Sur les culottes est inscrit "C'est moi qui décide". Archives
Sur les culottes est inscrit "C'est moi qui décide". Archives   -   Tous droits réservés  Andres Kudacki/AP

L'Espagne devient officiellement le premier pays européen à instaurer un congé menstruel. Cette mesure fait partie d'une nouvelle loi avortement, votée ce mardi par les députés. Elle permet aux personnes ayant des règles très douloureuses d'obtenir un congé, payé par la sécurité sociale, sous réserve d'un certificat médical. La durée du congé est à l'appréciation du professionnel de santé.

Les règles douloureuses concernent jusqu'à un tiers des femmes selon la Société espagnole de gynécologie et d'obstétrique. Elles peuvent provoquer des crampes, des vertiges, des nausées voire des vomissements. 

"Cela dépend du travail que vous avez, si vous devez vous déplacer beaucoup ou rester debout, ça n'est pas possible, confirme Andrea García, une concierge de 39 ans. Parfois, vous ne pouvez tout simplement pas travailler et, bien sûr, vous ne pouvez rien y faire parce que c'est quelque chose que les femmes ont tous les mois. Nous ne pouvons en aucun cas l'éviter. Vous finissez donc par travailler avec l'aide d'analgésiques et d'anti-inflammatoires. Vous n'avez pas d'autre choix. C'est une bonne mesure, ils auraient dû la proposer plus tôt."

Parfois, vous ne pouvez tout simplement pas travailler et, bien sûr, vous ne pouvez rien y faire parce que c'est quelque chose que les femmes ont tous les mois. (...) C'est une bonne mesure, ils auraient dû la proposer plus tôt."

Portée par le ministère de l'Egalité, la mesure a divisé la coalition de gauche au pouvoir. Pour ses défenseurs, notamment les députés de Podemos (gauche radicale), elle soulagera de nombreuses femmes et permettra de "mettre fin à la honte et au silence entourant les menstruations".

Un congé peu utilisé dans la plupart des pays l'autorisant

Pour les détracteurs, principalement des députés socialistes, elle risque de stigmatiser davantage les femmes au travail, notamment lors de l'embauche. Un argument qui ne convainc pas Vanessa Pérez, 32 ans, graphiste : "On avait les mêmes critiques avec le congé maternité. Si nous n'obtenons pas ces petits progrès, nous ne pouvons pas avancer. Je pense que la société avance et les lois aussi."

On avait les mêmes critiques avec le congé maternité. Si nous n'obtenons pas ces petits progrès, nous ne pouvons pas avancer.

"C'est sûr qu'il faut aussi sensibiliser les entreprises et la société à cette question", concède toutefois Isabel Rancaños, 50 ans, accompagnatrice de personnes à besoins spécifiques. 

Le congé menstruel est autorisé dans une poignée de pays, comme le Japon, Taïwan, l'Indonésie, la Corée du Sud et la Zambie. Dans la plupart de ces pays, peu de femmes l'utilisent. Au Japon, où le travail est très valorisé, elles seraient moins de 1% à le faire. 

Le congé menstruel est seulement un point de la nouvelle loi, qui comprend un ensemble plus large de mesures de santé reproductive, notamment des modifications de la loi sur l'avortement. Elle permet aux jeunes femmes à partir de 16 ans de subir une interruption volontaire de grossesse sans l'autorisation de leurs parents ou tuteurs.

La loi laisse cependant de côté la réduction de la TVA sur les produits d'hygiène féminine tels que les serviettes hygiéniques et les tampons, à laquelle le gouvernement s'était engagé.