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Variole du singe : existe-t-il un vaccin?

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Par Jack Ramage
Un certain nombre de pays ont annoncé des plans visant à rendre les vaccins contre la variole du singe accessibles à des parties spécifiques de la population.
Un certain nombre de pays ont annoncé des plans visant à rendre les vaccins contre la variole du singe accessibles à des parties spécifiques de la population.   -   Tous droits réservés  AP Photo

Un nombre croissant de pays occidentaux sont confrontés à une épidémie inhabituelle de variole du singe, un virus apparenté, comme son nom l'indique, à la variole. Il a été pour la première fois détecté en République démocratique du Congo et s'est ensuite rependu dans d'autres pays africains.

Le virus, qui est moins mortel que la variole, a une durée de vie de deux à quatre semaines. Les symptômes peuvent apparaître entre cinq et 21 jours après l'infection.

Les symptômes commencent généralement par de la fièvre, de maux de tête, des douleurs musculaires, des douleurs dorsales, de frissons ou une grosse fatigue.

Les vaccins protègent efficacement les personnes contre la variole du singe lorsqu'ils sont administrés correctement avant l'exposition au virus, selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). 

La variole du singe et la variole sont donc étroitement liées. Les CDC notent que le vaccin antivariolique déjà existant est "efficace à environ 85 %".

Bien que la variole ait été éradiquée en 1980, les vaccins ont été conservés pour protéger la population contre une éventuelle résurgence.

Les vaccins ACAM2000 et Jynneos

Actuellement, il existe deux vaccins autorisés aux États-Unis pour protéger contre la variole : ACAM2000 et Jynneos – également connu sous le nom d'Imvamune ou Imvanex.

Le Jynneos est un vaccin utilisé contre la variole et la variole du singe. Cette version du vaccin est non réplicative, ce qui signifie qu'elle est plus sûre pour les personnes immunodéprimées.

Elle est également plus sûre que les vaccins précédents car, contrairement à l'ACAM2000, il n'y a pas de risque de propagation du virus à d'autres personnes ou à d'autres parties du corps lors du processus d'administration. Les vaccins plus anciens peuvent laisser des cicatrices et comportent un risque de propagation de la maladie.

Qui fabrique les vaccins ?

Jerica Pitts, une porte-parole de Pfizer, a déclaré à l'Associated Press que Pfizer ne fabrique pas de vaccin contre la variole du singe.

Jynneos, lui, est développé par la société danoise Bavarian Nordic. Il est le seul vaccin approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) pour les cas de variole du singe aux États-Unis.

Moderna a déclaré récemment qu'elle commençait des recherches sur des vaccins contre la variole du singe. 

AP/CDC
image prise au microscope électronique en 2003, montrant des cellules de la variole du singe matures et de forme ovale,AP/CDC

Des cas dans plusieurs pays

Le 23 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que la récente épidémie de variole du singe ne nécessitait pas de vaccinations de masse. Elle a aussi indiqué que des mesures telles que l'hygiène et des rapports sexuels protégés permettraient de contrôler la transmission.

Cependant, un certain nombre de pays ont annoncé des plans visant à rendre les vaccins contre la variole du singe accessibles à des parties ciblées de la population.

Au moment de la publication, plus de 250 cas confirmés ont été signalés par l'OMS, avec une répartition géographique inhabituelle pour cette maladie.

118 cas de varioles du singe ont été confirmés le 25 mai par 12 États membres de l'UE/EEE - selon les données du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDPC).

Des cas ont également été confirmés en Australie, au Canada, en Israël, au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Suisse, aux Émirats arabes unis et au Maroc. Un cas suspect a également été confirmé en Argentine.

L'autorité sanitaire française a recommandé de lancer une campagne de vaccination ciblée contre la variole du singe le 24 mai. La recommandation de vaccination s'étend aux adultes à risque qui ont été en contact avec un patient dont la présence du virus a été confirmée.

Le personnel de santé qui a été exposé à un patient infecté devrait également recevoir un vaccin, a ajouté l'ECDPC

CDC via AP
Cette image de 1997 a été fournie par le CDC lors d'une enquête sur une épidémie de variole du singe, qui a eu lieu en République démocratique du Congo.CDC via AP

Il existe actuellement trois générations du vaccin contre la variole du singe. Les première et deuxième générations confèrent une immunité contre la variole du singe mais ils peuvent avoir des effets secondaires graves chez certaines personnes, notamment celles dont le système immunitaire est affaibli.

La troisième génération du vaccin ne se réplique pas dans l'organisme et convient donc aux personnes immunodéprimées. Les vaccins de troisième génération contre la variole du singe (vaccins Jynneos) doivent être administrés idéalement dans les 4 et 14 jours suivant l'exposition à la variole du singe.

Le 24 mai, l'Allemagne a commandé 40 000 doses du vaccin Jynneos si l'épidémie dans le pays venait à s'aggraver. Le 25 mai, le Danemark a annoncé qu'il recevrait 200 vaccins contre la variole du singe et qu'il s'apprêtait à en acheter des milliers d'autre. L'Espagne a également déclaré qu'elle achèterait le vaccin Jynneos, mais elle n'a pas encore précisé le nombre de doses. La UK Health Security Agency (UKHSA) a déclaré que le vaccin sera proposé aux cas contacts. Elle a également déclaré que le risque pour la population était faible.

Les responsables de la santé suivent de près la situation, car le virus semble présenter une transmission communautaire. C'est-à-dire qu'il se manifeste chez des personnes qui n'ont pas voyagé dans les régions d'Afrique.

Article traduit de l'anglais