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Le parcours du combattant des personnes à mobilité réduite pour se déplacer dans Rome

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Par Giorgia Orlandi
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Pour les personnes à mobilité réduite, se déplacer à Rome est bien souvent un parcours du combattant. 

Dario Dongo, en fauteuil roulant, en sait quelque chose. Depuis sept ans, cet avocat, fondateur de l'association “Égalité”, est confronté, quand il sort de chez lui pour se déplacer dans Rome, à des trous sur les trottoirs, à des déchets amoncelés dans les rues, à des marches trop hautes ou encore à l'absence de rampes. Autant de difficultés qui le gênent, voire le mettent en danger quand il n'a pas d'autre choix que de passer par la chaussée.

"Droits fondamentaux"

"Je me sens très frustré, non pas pour moi, mais en tant que membre d'une communauté, surtout quand je pense aux personnes qui ont moins de chance que moi : des gens qui sont plus fragiles, qui ont des formes de handicap plus graves que les miennes ou qui ont moins de ressources," confie-t-il. "Au fil des ans, on les oblige à capituler comme si c'était inéluctable alors qu'au contraire, on les prive de leurs droits fondamentaux," estime-t-il.

La frustration de Dario ne pourrait être plus visible alors que nous prenons le métro pour nous rendre dans le centre historique.

Arrivés à destination, le monte-escalier est en panne. Après avoir attendu une réponse de la société de transport public pendant 30 minutes, on nous dit de rejoindre une autre station. Mais une fois au Colisée, cela se complique de nouveau. Les pavés sont difficilement franchissables sans aide.

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Dario Dongo face à un monte-escalier en panne dans le métro romaineuronews

Des années de négligence

Ces difficultés de déplacement pour les personnes porteuses de handicap moteur sont le résultat d'années de négligence, selon Dario.

En vertu de la législation actuelle qui date de 1986, les municipalités italiennes ont l'obligation de retirer tous les obstacles à l'accessibilité, mais elles ont trop peu agi dans ce domaine. C'est le cas de Rome, comme la municipalité le reconnaît elle-même.

"Au cours des 14 dernières années, nos systèmes et infrastructures n'ont pas été entretenus, ni adaptés. Aujourd'hui, nous héritons de ce lourd passif et cela signifie que ces trois prochaines années, nous devrons travailler sans relâche pour que tout rentre dans l'ordre", affirme Eugenio Patanè, adjoint au maire en charge de la mobilité.

"Cela veut dire mobiliser de nouveaux investissements et des fonds que nous avons grâce au plan de relance et dans le cadre du prochain Jubilé," poursuit-il. "Tout ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de les mettre pleinement en œuvre : nous devons organiser des appels d'offres et effectuer les travaux de maintenance appropriés, mais surtout, nous avons besoin de planification," indique-t-il.

De nouveaux fonds

Malgré les difficultés, Dario continue de se déplacer pour réclamer une meilleure accessibilité de la ville aux personnes à mobilité réduite.

"Ce n'est qu'en agissant ainsi que l'on peut changer les choses, notamment en exerçant une pression depuis la base", assure l'avocat qui a déjà fait état de plusieurs problèmes d'accessibilité à la société des transports publics de Rome (ATAC). "On devrait tous penser que les choses doivent fonctionner normalement ; sans quoi, elles ne seront jamais réparées", assure-t-il.

Récemment, la société ATAC a modifié sa gestion en quête d'efficacité. Les fonds du plan de relance et ceux destinés à préparer le Jubilé de 2025 pourraient également donner à la capitale italienne, l'opportunité de se transformer pour devenir une ville plus facile à vivre pour tous.

Journaliste • Giorgia Orlandi