EventsÉvènementsPodcasts
Loader
Suivez-nous
PUBLICITÉ

Centres de données dans l'espace : "une hypothèse" qui pourrait faire de l'Europe un leader dans le domaine spatial

L'Europe envisage d'envoyer des centres de données dans l'espace dans un souci de souveraineté des données et d'efficacité énergétique.
L'Europe envisage d'envoyer des centres de données dans l'espace dans un souci de souveraineté des données et d'efficacité énergétique. Tous droits réservés Thales Alenia Space
Tous droits réservés Thales Alenia Space
Par Pascale Davies
Publié le
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Cet article a été initialement publié en anglais

Ce scénario ne pourra pas se matérialiser avant 2036, mais l'Europe étudie les moyens d'envoyer des centres de données dans l'espace à long terme.

PUBLICITÉ

Depuis l'accélération de l'intelligence artificielle générative (IA), la demande en centres de données a explosé. Mais faute de terrains, et compte tenu des besoins énergétiques considérables, l'Europe envisage désormais d'envoyer des data centers dans l'espace.

D'après une étude récente, il est techniquement, écologiquement et économiquement possible de mettre en orbite des centres de données, moins énergivores que ceux au sol.

"Nous pouvons affirmer aujourd'hui que les résultats sont très encourageants", assure Damien Dumestier, responsable de l'étude chez Thales Alenia Space.

"Nous avons trouvé une solution techniquement réalisable, financièrement intéressante et dont l'empreinte carbone est moins importante que sur Terre", a-t-il précisé à Euronews Next.

L'étude, coordonnée par Thales Alenia Space pour le compte de la Commission européenne, s'est étendue sur 16 mois et a coûté 2 millions d'euros.

L'accaparement des terres

Les centres de données se définissent comme les installations qui hébergent les systèmes informatiques et d'importants volumes de données, auxquels il est possible d'avoir accès partout dans le monde. Leur fonctionnement et leur refroidissement nécessitent une quantité d'énergie considérable.

D'ici 2026, les centres de données pourraient consommer au total 1 000 térawattheures par an, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), ajoutant que cela équivaut à peu près à la consommation d'électricité annuelle du Japon.

La création de centre de données spatiaux permettrait à ces structures de fonctionner à l'énergie solaire, ce qui constituerait d'importantes économies d'énergie.

A recent study found that it is technically, environmentally and economically feasible to launch data centres into orbit in a way that is less energy-intensive
A recent study found that it is technically, environmentally and economically feasible to launch data centres into orbit in a way that is less energy-intensiveThales Alenia Space

Mais un projet aussi ambitieux ne serait probablement pas prêt avant 2036, selon Damien Dumestier.

"Il y a un petit groupe d'acheteurs qui sont incroyablement puissants et avides d'espace pour les centres de données, et qui ont d'importants moyens", a déclaré à Euronews Next Kevin Restivo, qui dirige la recherche sur les centres de données en Europe pour la société de conseil en immobilier CBRE.

Ces acheteurs sont les grandes entreprises de la tech telles que Microsoft, Amazon Web Services et Google.

Selon Kevin Restivo, il est de plus en plus difficile de trouver des terrains appropriés dotés d'un accès à une alimentation électrique suffisamment puissante.

"Par conséquent, nous allons assister à la construction de centres de données dans des régions de pays européens qui n'en avaient pas jusque-là", indique-t-il, en évoquant l'achat par Microsoft d'un terrain dans le Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre, qui dispose déjà d'une alimentation électrique.

Seulement une hypothèse

Quant à l'envoi de centres de données dans l'espace, cela relève plus d'une hypothèse que d'une réalité actuelle, selon Kevin Restivo.

"Néanmoins, je pense que la recherche sur les centres de données dans l'espace ou les centres de données sous-marins porte sur des projets louables", a-t-il déclaré à Euronews Next, ajoutant que l e fait de "tester les paramètres de développement des centres de données est crucial pour la croissance de l'industrie".

PUBLICITÉ

Pour que les centres de données spatiaux soient efficaces sur le plan énergétique, il faudrait un nouveau type de lanceur produisant dix fois moins d'émissions, selon l'étude. Les centres de données devraient également rester en orbite grâce au carburant des fusées, ce qui nécessiterait de trouver une alternative.

Damien Dumestier a indiqué être en discussion avec le groupe français Ariane et avec une société spatiale allemande, qui ont déclaré que l'obtention d'un lanceur plus respectueux de l'environnement n'était pas réalisable dans un futur proche, mais qu'elle pourrait l'être d'ici quelques années.

Il faut également veiller à ce que les centres de données spatiales ne viennent pas s'ajouter à la liste des satellites défectueux ou oubliés.

Selon Damien Dumestier, les centres de données pourraient être en orbite à une altitude d'environ 1 400 kilomètres, ce qui est plus élevé que les satellites spatiaux.

PUBLICITÉ

Mais pour atteindre les objectifs de durabilité, il est essentiel de s'assurer que les centres de données spatiaux aient une durée de vie suffisamment élevée, et que les matériaux soient réutilisables.

Les centres de données spatiales pourraient restituer "la souveraineté des données aux Européens et donner à l'Europe une occasion immanquable de devenir un leader dans le secteur spatial", a-t-il déclaré.

Partager cet articleDiscussion

À découvrir également

Empêcher l’embouteillage satellitaire de l’espace

Espace : Ariane 6 approche de son premier lancement

Les États-Unis relancent la course à l'espace en finançant des entreprises privées