Xi Jinping a affirmé que 2025 serait l’année des percées pour l’IA et les semi-conducteurs chinois. Qu’ont-ils accompli et que peut-on attendre en 2026 ?
Le président chinois Xi Jinping a déclaré que 2025 avait été l’année où les technologies chinoises, y compris l’intelligence artificielle et les puces semi-conductrices, « ont atteint de nouveaux sommets ».
Dans son allocution du Nouvel An, Xi a salué les efforts des entreprises chinoises d’intelligence artificielle (IA) et de puces semi-conductrices, affirmant qu’elles « ont profondément intégré la science et la technologie aux secteurs industriels et ont multiplié les innovations ».
« De nombreux grands modèles d’IA se livrent à une course vers l’excellence, et des percées ont été réalisées dans la recherche et le développement de nos propres puces », a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent alors que les avancées de l’IA en Chine ont dominé l’actualité en 2025. Le pays est largement considéré comme un concurrent majeur des États-Unis dans la course à l’adoption et au développement de modèles d’intelligence artificielle.
Qu’a accompli la Chine en 2025 ?
L’année a commencé avec le lancement par la société chinoise d’IA DeepSeek de son modèle R1, axé sur des tâches complexes comme le raisonnement, le codage et les mathématiques.
Lors de son lancement, il rivalisait avec o1 d’OpenAI, l’un des derniers modèles de ChatGPT. Le lancement de R1 a fait plonger les valeurs technologiques américaines tout au long du mois de janvier. Le géant américain des puces semi-conductrices Nvidia a vu son action chuter de 17 % en une journée, effaçant 600 milliards de dollars (510 milliards d’euros) de capitalisation boursière.
En septembre, DeepSeek a lancé DeepSeek-V3.2, un modèle expérimental de DeepSeek V.31-Terminus qui rend les systèmes d’IA plus « efficaces », selon une description publiée sur Hugging Face.
Le modèle de DeepSeek intègre une fonctionnalité appelée Sparse Attention (DSA), qui affirme réduireles coûts de calcul de 50 % sans nuire aux performances. Le nouveau modèle peut aussi générer de grandes quantités de données d’entraînement pour des agents d’IA, des programmes capables d’accomplir des tâches sans supervision humaine.
Le nouveau modèle offre des performances comparables à celles du dernier modèle d’OpenAI, ChatGPT-5, a indiqué l’entreprise sur Hugging Face. Son modèle à forte puissance de calcul, DeepSeek-V3.2-Speciale, dépasse GPT-5 et se rapproche, en capacité de raisonnement, de Gemini 3-Pro, a ajouté la société.
Certains pays européens, comme l’ Italie, le Danemark et la République tchèque, ont interdit à leurs administrations d’utiliser les modèles de DeepSeek sur leurs appareils en raison de préoccupations liées à la sécurité des données et à la cybersécurité. Des médias locaux en Belgique rapportent que des responsables gouvernementaux ont cessé d’utiliser DeepSeek en décembre.
Alibaba et autres géants chinois
Le géant du commerce en ligne Alibaba a également lancé deux modèles d’IA de pointe en 2025, d’abord le Qwen2.5-Max en janvier, puis le Qwen3-Max en septembre. L’entreprise a affirmé que ces deux modèles surpassaient le dernier modèle de DeepSeek et Claude d’Anthropic sur certains tests de référence.
Ces lancements s’ajoutent à un engagementd’Alibaba d’investir 380 milliards de yuans (50,6 milliards d’euros) dans le cloud et l’IA au cours des trois prochaines années, l’un des plus importants investissements technologiques de l’entreprise à ce jour.
Par ailleurs, le groupe technologique chinois Huawei a indiqué lancer de nouvelles technologies de calcul et des puces d’IA pour rivaliser avec Nvidia, l’entreprise californienne considérée comme le leader mondial des semi-conducteurs.
La Chine et les États-Unis se sont disputé l’accès aux puces de Nvidia une bonne partie de l’année, mais en décembre, le président Donald Trump a annoncé que l’entreprise pourrait vendre ses puces H200 à des clients approuvés en Chine en contrepartie d’une surtaxe de 25 %.
Parallèlement, l’entreprise américaine de réseaux sociaux et d’IA Meta a annoncé en décembre l’acquisition de Manus, une start-up d’IA d’origine chinoise, pour un montant estimé à 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros). La société a lancé plus tôt cette année un agent d’IA polyvalent pouvant être utilisé pour la recherche et le codage.
Ce qui nous attend en 2026
La Chine lancera en 2026 un nouveau plan quinquennal de développement social et économique, qui fixera les objectifs du pays jusqu’à la fin de la décennie, a indiqué Xi dans son discours. La Chine élabore ces plans depuis 1953.
Les recommandations du Parti communiste chinois pour le « 15e plan quinquennal » incluent l’élaboration de « plans prospectifs » pour les « industries du futur », comme l’IA, les technologies quantiques et les interfaces cerveau-ordinateur.
Ces plans pourraient inclure de nouvelles méthodes de régulation, le développement du capital-risque et la promotion de la croissance des petites et moyennes entreprises.
Selon Deloitte, la part des financements chinois consacrés à la recherche fondamentale pendant la période du « 15e plan quinquennal » pourrait dépasser 10 %. Des chercheurs prévoient qu’un volume accru d’investissements en R&D sera orienté vers les industries émergentes stratégiques, telles que les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle. Cela rapprocherait le pays des niveaux de financement technologique observés aux États-Unis et au Japon.
La Chine devrait également continuer à construire des infrastructures d’IA, telles que des centres de données, des puces nationales et des réseaux de calcul.
Le marché chinois des puces d’IA devrait croître de sept à neuf fois par rapport à 2025, estimé jusqu’à 40 milliards de dollars (34 milliards d’euros), ce qui dépasserait le reste du monde, selon Deloitte.