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Un réseau social européen financé par le contribuable peut-il fonctionner ?

Aucune alternative européenne privée aux plateformes de réseaux sociaux existantes n'a atteint un niveau de popularité comparable à ces dernières.
Aucune alternative européenne privée aux réseaux sociaux existants n’a atteint la même popularité que ces derniers. Tous droits réservés  Canva
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Par Egle Markeviciute, EU Tech Loop, Euronews
Publié le
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Des militants demandent à la Commission européenne d’aider à créer un réseau social européen financé par les citoyens, via une initiative visant à recueillir un million de signatures.

Depuis le rachat de X, anciennement Twitter, par Elon Musk en 2022, et même avant cela, certains Européens se tournent vers d’autres plateformes de réseaux sociaux (souvent en revenant à des services déjà existants, qui disposent de bases d’utilisateurs plus larges) ou évoquent la nécessité de créer un réseau social européen.

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À l’heure actuelle, les réseaux sociaux les plus populaires sont basés soit aux États-Unis, soit en Chine, et ils sont régulièrement critiqués par les responsables politiques européens pour leurs pratiques en matière de gestion des données et leurs effets nocifs.

Pourtant, deux ans plus tard, aucune alternative européenne privée aux réseaux sociaux existants ne s’est imposée au même niveau de popularité (on peut citer notamment Mastodon) ; les militants semblent donc désormais solliciter l’aide de la Commission européenne.

La dernière initiative demande (source en anglais) en substance à la Commission de rédiger un nouvel acte législatif et de contribuer à la création d’un réseau social européen qui serait « financé par la société », ce qui signifie vraisemblablement que l’argent des contribuables européens serait, au moins en partie, mis à contribution :

« constituerait une alternative aux plateformes actuelles et fonctionnerait comme un service rendu à la société, serait financée par la société et placée sous sa supervision » et « pourrait rester impartiale et indépendante des pressions politiques tout en garantissant les droits de toutes et tous, sans distinction ».

Prochaines étapes et limites : pour l’instant, plus de questions que de réponses

Le 4 mars, la Commission européenne a enregistré (source en anglais) une initiative citoyenne européenne en faveur d’un réseau social européen. Selon un processus typiquement européen, en plusieurs étapes, la Commission a donné son feu vert au lancement de la collecte de signatures dans les six prochains mois, pour une durée de douze mois, au cours de laquelle plus d’un million de signatures devront être réunies dans au moins sept États membres de l’UE.

Concrètement, cela signifie que les militants disposent de 18 mois au maximum pour collecter les signatures. Et si la Commission décidait d’y donner suite, la rédaction et l’adoption de l’acte législatif évoqué prendraient vraisemblablement au moins un an.

Il faudrait ensuite mettre en place une procédure de marché public, d’une forme ou d’une autre, ce qui demanderait là encore un certain temps. On ignore donc combien de temps il faudrait finalement aux Européens pour lancer une telle plateforme. On ne sait pas non plus s’il s’agirait de créer une plateforme entièrement nouvelle ou de financer une solution déjà existante.

Autre inconnue : l’UE est-elle prête à ouvrir réellement son portefeuille pour financer une plateforme conviviale, compétitive à l’échelle mondiale, capable de se maintenir sans injections financières fréquentes de la part de l’Union ?

Pour situer les ordres de grandeur, il y a vingt ans, Facebook avait reçu 13 millions de dollars d’investissements en 2005 ; deux ans plus tard, en 2007, Microsoft ajoutait l’équivalent d’environ 373 millions de dollars en valeur actuelle, ce qui donnait à Facebook une valorisation implicite d’environ 15 milliards de dollars (soit quelque 23,3 milliards de dollars de 2025).

Les initiateurs de l’idée expliquent (source en anglais) que le développement et l’exploitation de la plateforme coûteraient 1 euro par citoyen et par an, soit au moins 450 millions d’euros par an.

« Le coût total du développement et du fonctionnement de la plateforme, réparti entre tous les habitants de l’UE disposant d’une connexion internet, serait d’environ 1 euro par an (à peine 0,08 euro par mois), un montant qui ne devrait léser matériellement personne et rester abordable pour l’Union et ses États membres. »

Cet article a été initialement publié sur EU Tech Loop (source en anglais) et est republié sur Euronews dans le cadre d’un accord.

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