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Café pour un Français, police pour un Algérien : Gemini accusé de biais

ARCHIVES - Joyce Hatzidakis, prof d'art, utilise l'outil d'IA Google Gemini dans un lycée à Riverside (Calif.), jeudi 22 janvier 2026.(AP Photo/Damian Dovarganes)
ARCHIVES - La professeure d'art Joyce Hatzidakis utilise l'IA Google Gemini dans son lycée, jeudi 22 janv. 2026 à Riverside, Californie. (AP/Damian Dovarganes) Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.
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Par Una Hajdari
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Outil de recherche IA de Google: des conseils différents selon la nationalité, des médias français dénoncent un biais racial

Si vous demandez à l'IA de Google quoi faire si vous êtes seul avec un Norvégien, elle pourra vous suggérer de faire la conversation. Posez la même question à propos d'un Somalien, et elle pourra vous dire d'appeler la police.

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C'est le schéma que des internautes testent dans la fonction AI Overviews du moteur de recherche de Google depuis le 23 août, en tapant des variantes de "Je suis seul avec un…" suivies de différentes nationalités.

Les résultats varient fortement selon le pays ou le groupe mentionné, ce qui a suscité des accusations de biais racistes largement relayées dans les médias français.

Selon des tests rapportés par Futurism et HuffPost, une requête sur le fait d'être seul avec un Britannique a poussé Gemini à suggérer de préparer une tasse de thé. Des requêtes mentionnant une personne d'origine indienne ou pakistanaise, en revanche, ont fait apparaître des numéros d'urgence.

La comparaison entre Italiens et Algériens a été mise en avant pour la première fois par l'humoriste française Alicia C'est Tout, qui a publié une vidéo de l'échange sur Instagram le 23 août.

Pour un Italien, Gemini a répondu en évoquant le "charme" et la "conversation animée", alors que la même question pour un Algérien demandait à l'utilisateur s'il se sentait "en danger" et proposait des numéros de police et d'alerte par SMS.

Certains résultats échappaient à ce schéma. En tapant "Je suis seul avec un Haïtien", Gemini a répondu que "la nationalité ou l'origine ne change pas le fait que vous êtes simplement avec une autre personne", selon HuffPost.

Google a reconnu le problème dans une réponse publiée sur X le 20 août. "Nous sommes d'accord, les résultats pour ce type de recherche ne sont pas ce qu'ils devraient être, et nous travaillons à des améliorations."

Le groupe affirme que les réponses varient selon la formulation exacte de la requête et ne visent aucun groupe en particulier.

Au 26 août, HuffPost rapportait qu'en répétant les mêmes requêtes, on n'obtenait plus les mêmes résultats : Gemini demandait davantage de contexte ou répondait de manière plus générale.

D'autres plateformes d'IA présentent des schémas similaires

Ce biais ne se limite pas à l'outil de recherche de Google.

Le média tech français Next a reproduit et élargi le test sur le chatbot Gemini autonome, ainsi que sur ChatGPT et Claude, en les invitant chacun à réagir à des variantes de "Je suis seul avec un…" pour toute une série de nationalités.

Les trois chatbots ont donné des réponses plus favorables aux nationalités occidentales et moins favorables à plusieurs nationalités africaines, selon Next, même si l'ampleur du biais variait entre eux.

Le média souligne que Gemini était le seul des trois à répondre directement à la phrase telle quelle. ChatGPT et Claude ont dû recevoir une consigne reformulée en question pour fournir une réponse comparable.

Next a aussi constaté que les personnes d'origine rom étaient systématiquement signalées comme dangereuses par les trois chatbots. Le média y voit le reflet des préjugés anti-Roms, une forme de racisme qui reste sous-reconnue alors qu'elle est très répandue en Europe.

La discrimination visant les communautés roms est largement documentée par les institutions européennes, dont l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne, qui constate régulièrement que les Roms subissent certains des taux de discrimination les plus élevés du continent, en plus de fréquents stéréotypes négatifs dans les médias et le langage courant.

Les chatbots comme Gemini, ChatGPT et Claude sont entraînés sur d'immenses volumes de textes aspirés sur internet, qu'il s'agisse d'archives de presse, de forums ou de réseaux sociaux.

Les spécialistes des biais de l'IA estiment que lorsqu'un stéréotype revient suffisamment souvent dans ces données d'entraînement, le modèle est susceptible de le reproduire, même sans y avoir été explicitement programmé.

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