Les lycéens lancent ce mardi 13 octobre le cinquième acte de leur mobilisation. Des blocages sont signalés et des manifestations prévues à Paris, Lyon, Marseille, Lille etc, malgré les récentes annonces du gouvernement.
Les lycéens et les étudiants ont repris les blocages mardi matin dans plusieurs villes de France, pour le cinquième acte de leur mobilisation.
À Paris, plusieurs lycées et universités étaient bloqués dès avant l’aube. La manifestation nationale doit partir à 14 heures de la place d’Italie pour rejoindre les Invalides, près de Matignon et du ministère de l’Éducation nationale. Un autre appel à manifester entre l’Hôtel de Ville et Matignon, non déclaré, circule également sur les réseaux sociaux.
Dans le Rhône, sept établissements étaient perturbés mardi matin, ainsi que plusieurs universités et grandes écoles, selon la préfecture. À Rennes, des élèves se sont rassemblés avant l’aube devant le lycée Jean-Macé. À Marseille, le lycée Saint-Charles était bloqué depuis 6 h 45.
À Bayonne, une dizaine de fourgons de CRS étaient déployés aux abords du lycée Louis-de-Foix avant 8 heures, un dispositif jugé intimidant par des élèves interrogées par l’AFP.
Selon le ministère de l'Éducation au moins 200 lycées devraient être fermés ce mardi, évoquant une « décrue par rapport aux semaines précédentes ».
Le président Emmanuel Macron a appelé au calme avant cette journée, tandis que le gouvernement espère un essoufflement du mouvement pendant les vacances de la Toussaint qui débutent en fin de semaine.
Les organisations lycéennes et étudiantes, elles, refusent de baisser les bras. Elles réclament depuis plusieurs jours à être reçues par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
À Rennes, certains élèves disent s’organiser en roulements pour tenir les blocages, tandis que d’autres espèrent que la mobilisation du 17 octobre contre la vie chère, permettra de relancer le mouvement après environ quatre semaines d’actions.
Greta Thunberg s'invite dans le mouvement
La militante écologiste Greta Thunberg est selon des témoins sur place présente au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis au nord de Paris, pour soutenir le mouvement de blocus lycéen.
interviewée sur place elle a déclaré que les jeunes manifestants "veulent par ce mouvement reprendre possession de leur avenir, parce qu'il ne sont pas inclus dans la conversation" ajoutant que le manque de budget des lycées envoyait le message aux jeunes "qu'ils ne sont pas prioritaires dans la société"
Elle a enfin critiqué "une police extrêmement violente envers les jeunes manifestants"
Des réponses aux revendication jugées insuffisantes
Les lycéens dénoncent tout d'abord le manque de professeurs, les classes surchargées, les bâtiments dégradés et des emplois du temps jugés trop lourds. Une partie des manifestants réclame également la suppression de Parcoursup, la plateforme permettant de trouver une affectation après le lycée, et davantage de moyens pour l’enseignement public.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé en fin de semaine dernière le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants dans les établissements les plus en difficulté, ainsi qu’une hausse d’un milliard d’euros du budget de son ministère.
Mais ces mesures sont jugées insuffisantes par les organisations lycéennes, qui réclament notamment un plan d’urgence de dix milliards d’euros pour les lycées. Elles promettent de poursuivre la mobilisation le temps qu'il faudra.