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RCA, l'aide internationale aux portes du chaos : Interview avec Delphine Chedorge, chef de mission MSF France en RCA

RCA, l'aide internationale aux portes du chaos : Interview avec Delphine Chedorge, chef de mission MSF France en RCA
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“ Il y a un mauvais curseur qui est utilisé, qui est celui du 5 décembre, parce qu’il y eu un mois de bataille de deux groupes armés à un moment donné avec une interposition internationale.
Mais si on prend le sens de la crise centrafricaine, plus largement, sur le plan de l‘écroulement des services de l’Etat et de la production de groupes armés et rebellion sur les dernières décennies, depuis un an on est toujours sur un cycle de violence, de groupes armés qui se fractionnent et qui augmentent finalement en nombre, et en actions de violence, qui est bien pire qu’avant.

Le gouvernement de transition n’a pas permis de remettre en place des services de l’ Etat, qu’il s’agisse de la santé, de la sécurité, de l‘éducation, cela n’a pas pu redémarrer. Les services de santé, quand ils fonctionnent, c’est grace à des ongs qui font de la substitution par rapport à ces services là. Au niveau de la sécurité, les policiers et les gendarmes qui ont été rassemblés, il y a eu des tentatives de les remettre en place. Mais en dehors du problèmes de moyens il y a des problèmes de formation, il y a des problemes pour eux pour exercer leur autorité puisque ils ne sont pas respectés.
Pour les ecoles, il y a des écoles privées qui ont réouvert à Bangui aujourdhui, quelques autres ecoles dans d’autres villes du pays. Mais c’est soit pqrce que ce sont essentiellement des écoles privées, soit parce que des ongs y participent. Mais ce ne sont certainement pas des services publics qui fonctionnent d’eux mêmes. Donc on est aujourdhui sur un contexte toujours assez chaotique. Pas d’Etat, et une insécurité grandissante puisque ce ne sont plus des groupes armés avec des tetes dominantes mais aujourdhui ce sont des fractionnements qui s’occupent beaucoup plus de prédation que de politique. Il n’y a pas vraiment d’idéologie politique qui anime ces groupes. On est plutôt sur des logiques territoriales et de prédation. Et sur une absence de services de l’Etat qui se remet en place.
Donc on va voir une assistance internationale, un système de l’aide qui s’est mis en place qui est probablement aujourdhui déployé au maximum de ce qu’il sera. Dans l’arrière-pays comme à Bangui. Sur la santé, sur les déplacés, sur l’eau, l’hygiène, sur la protection, la mediation.
On a reussi ce deploiement là. Cela dit, les beosins correspondent à toute la population du pays actuellement. Puisque c’est tout le pays qui est fracassé et tout le pays qui est en insécurité.
Jamais le systeme de l’assistance ne couvrira l’ensemble des besoins de la population parce que ce n’est pas leur rôle, parce que c’est le rôle d’un Etat.

Ce qui veut dire qu’on sera toujours en dessous des besoins de la population. Il faut qu’on se le dise, aujourd’hui, le système de l’aide n’a pas vocation à couvrir les besoins de tout le pays. On est dans une difficulté aujourdhui avec des besoins qui nous dépassent toujours et vont toujours nous dépasser tant qu’on arrive pas à avoir un minimum de services publics en place. Et on sent bien qu’aujourdhui ce n’est pas prêt dans le pays