Les deux marques s'alignent ainsi sur le nouveau cadre européen, après que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a proposé un abaissement du seuil de sécurité de céréulide, une toxine pouvant provoquer vomissements et diarrhées, dans les produits d'alimentation pour nourrissons.
Après Nestlé, Danone et Lactalis, c'est désormais au tour des marques Popote et Vitagermine (Babybio) de retirer des lots de lait pour nourrissons, suite à la décision des autorités sanitaires d'abaisser le taux de sécurité de céréulide dans ces produits.
Cette toxine, produite par la bactérie Bacillus cereus dans certains ingrédients, peut provoquer nausées, vomissements, diarrhées et douleurs abdominales. Elle présente également un risque de déshydratation important chez le nourrisson.
Ce nouveau rappel concerne les références Caprea 1 et Optima 1 pour Babybio et deux références 400 g et 800 g, identifiées par les lots 910077 et 910143, pour Popote.
Nouvelles normes de sécurité
Plusieurs produits d'alimentation pour nourrissons font l'objet de rappels massifs depuis le mois de décembre dans plus de 60 pays, dont la France, par crainte de contamination par la céréulide.
Sur demande de la Commission européenne, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu lundi un avis scientifique des risques liés à cette toxine, fixant un taux de sécurité à 0,014 μg/kg de poids corporel.
"Dans leur évaluation rapide des risques, les scientifiques de l'EFSA ont établi une dose aiguë de référence (DAR) pour la céréulide chez les nourrissons et ont déterminé les concentrations de céréulide dans les préparations pour nourrissons susceptibles de poser un problème de sécurité", indique l'agence.
"Cet avis vise à aider les gestionnaires des risques de l'UE à déterminer quand les produits doivent être retirés du marché à titre de mesure de précaution pour la santé publique".
L'EFSA indique avoir "adopté une approche prudentielle" en ajoutant "un facteur de sécurité supplémentaire lors de la fixation de la DAR", étant donné que "les très jeunes nourrissons (moins de 16 semaines) métabolisent les substances différemment des adultes".
Cette recommandation correspond à celle faite la semaine dernière par le ministère français de l'Agriculture, suite à une réunion de coordination des autorités compétentes de l’UE sous l’égide de la Commission européenne.
"La France a choisi d’anticiper de nouvelles recommandations scientifiques en retenant, dès à présent, un seuil de 0,014 μg de céréulide par kilogramme de masse corporelle, soit un niveau de sécurité renforcé par rapport au seuil jusqu’ici appliqué (0,03 μg par kilogramme de masse corporelle)", a indiqué le ministère vendredi.
Deux nourrissons décédés
La contamination à la céréulide proviendrait d'une huile riche en acide arachidonique (ARA), utilisée pour enrichir le lait infantile en oméga-6. À l'heure actuelle, les investigations pointent vers un fournisseur unique, l’entreprise chinoise Cabio Biotech.
L'EFSA indique que "les produits rappelés ne doivent pas être administrés aux nourrissons ou aux jeunes enfants" et conseille aux consommateurs "de suivre les instructions et les conseils émis par les autorités nationales de sécurité alimentaire".
Si les rappels de produits se multiplient depuis début janvier, le point de départ de l'affaire remonte à décembre 2025, quand les premiers cas de contamination de nourrissons ont été signalés.
Estimant que "la céréulide n'a rien à faire dans les laits infantiles", l'association de défense des consommateurs Foodwatch a déposé plainte contre X, ciblant tout particulièrement la marque Nestlé et les autorités.
Selon Foodwatch, des "retraits silencieux" de produits auraient été effectués dès Noël 2025 en Autriche, sans que les autorités n'en aient informé les parents français.
Le ministère de l'Agriculture fait également face à des critiques pour sa réaction jugée trop lente.
Une association de parents a ainsi déposé un recours pour obliger l'État à retirer tous les produits utilisant l'huile ARA. Celui-ci a cependant été rejeté mercredi dernier par la justice française, qui a jugé les mesures de rappels ciblés proportionnées au risque actuel.
Deux enquêtes pénales ont par ailleurs été ouvertes en France suite à la mort de deux nourrissons ayant consommé du lait infantile rappelé par Nestlé, mais le ministère de la Santé affirme qu’aucun lien de causalité direct n’a pour l'heure été établi entre ces décès et les produits en question.