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Iran : mode d'emploi d'un double scrutin crucial mais tronqué

Iran : mode d'emploi d'un double scrutin crucial mais tronqué
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Par Sandrine Delorme avec BEATRIZ BEIRAS
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Affiches limitées en taille et en nombre dans les rues, pas de meeting sur la place publique, pas de spot télé, sans parler des réseaux sociaux, et

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Affiches limitées en taille et en nombre dans les rues, pas de meeting sur la place publique, pas de spot télé, sans parler des réseaux sociaux, et une durée réduite à une semaine, voilà à quoi se résume la campagne électorale en Iran.

Malgré tout, les appels d’officiels à la participation se succèdent, et nombreux sont ceux qui mettent en avant l’importance capitale de ces élections.

Car les réformistes sont de retour dans la course. En 2012, ils avaient boycotté les législatives et avaient donc été marginalisés. Aujourd’hui, ils voudraient renverser la donne au parlement où les conservateurs sont majoritaires.

Mais pour cela, ils doivent sortir les électeurs de leur apathie, d’autant plus que beaucoup de leurs candidats, notamment des figures de premier plan, ont été rejetés par le Conseil des Gardiens de la Constitution.

En Iran, les candidats doivent en effet s’inscrire et être approuvés par cette instance de filtrage, formée par six religieux et six juristes.

Quelque 12 000 candidats se sont inscrits, mais seulement 51 % ont été autorisés à se présenter,
comme l’explique le porte-parole du ministère de l’Intérieur et vice-ministre Hosseinali Amiri :

6175 candidats ont été qualifiés pour se présenter à ces élections parlementaires et 5 259 ont été disqualifiés ou n’ont pas apporté les éléments nécessaires pour continuer.

Les Iraniens doivent élire 290 parlementaires, 5 sièges étant réservés aux minorités religieuses.
Et parmi plus de 6 000 candidats, il n’y a que 586 femmes.

Le parlement iranien n’a aucune compétence en matière de politique étrangère, mais joue un rôle majeur en matière de politique économique. En obtenir la majorité est capitale pour se positionner en vue de l‘élection présidentielle de 2017.

Les Iraniens doivent aussi élire l’Assemblée des Experts, composée de 88 Faqihs, des religieux de hauts rangs. Les 166 candidats sont tous des hommes et ils ont pour tâche de nommer le guide suprême, le poste le plus élevé de la République islamique.

Elus pour huit ans, ces Faqihs auront donc un rôle de premier plan s’il s’avère qu’ils doivent choisir
un successeur à l’ayatollah Ali Khamenei. Agé de 76 ans, il est en place depuis la mort de Khomeini en 1989.

Tout l’enjeu de ce “double scrutin”: http://fr.euronews.com/2016/02/22/le-complexe-systeme-electoral-iranien-un-simulacre-de-democratie/ réside dans l‘établissement du rapport de force entre modérés et conservateurs iraniens. Et c’est un véritable test pour le président modéré Hassan Rohani qui pourrait se représenter en 2017.
Sa politique d’ouverture progressive à l’Occident avec l’accord sur le nucléaire et la levée des sanctions internationales ont-elles convaincu ?
Réponse prochainement…

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