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Jour J pour Carles Puigdemont

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Sauf reculade de dernière minute, et malgré les pressions politiques et économiques, Carles Puigdemont, le président catalan est censé proclamer mardi l’indépendance de la Catalogne.
Une véritable consécration pour “Puigdi” (son surnom), lui, le fils de pâtissier, âgé de 54 ans, tombé dans la marmite nationaliste lorsqu’il était adolescent.

C’est pourtant un peu par défaut que Carles Puigdemont devient en janvier 2016 le 130ème président de la Généralité (l’exécutif catalan).


Son prédécesseur, Artur Mas, avait dû lui céder sa place en catastrophe. Un départ douloureux mais tactique. C‘était le prix à payer pour que la coalition pro-indépendantiste, Junts pel Si (Ensemble pour le oui) obtienne le soutien des députés anti-système de la CUP (extrême gauche) et puisse ainsi disposer de la majorité absolue au parlement catalan.

A peine élu, l’ancien journaliste, décrit par ses adversaires comme un indépendantiste “aux convictions radicales” n’a qu’un seul objectif : “Le fil conducteur, le dénominateur commun, ce qui nous rassemble, c’est la volonté d’organiser en Catalogne un référendum sur le futur lien qui unira la Catalogne et l’Espagne et de le faire en accord avec l’Etat espagnol”, explique-il au journal Libération.


Et forcément, Carles Puigdemont devient très vite la bête noire de Madrid qui fera tout pour saborder le référendum du 1er octobre, un scrutin jugé illégal et donc contestable par le gouvernement espagnol.
Mais le président de la Généralité maintient le cap : malgré un vote on ne peut plus chaotique, l’ancien maire de Gérone surfe sur les violences policières durant le scrutin et finit par proclamer les résultats : “90,18%” pour le “oui” à une République catalane, mais avec seulement 43% de participation.

Modeste mais pragmatique, le président Catalan ira-t-il jusqu’au bout de la logique indépendantiste ? Avant et après le vote Carles Puigdemont n’a eu de cesse de demander une médiation internationale pour sortir de l’impasse.
Mais les relations avec Mariano Rajoy sont exécrables.
Dérapage involontaire ? Lundi, le porte-parole du gouvernement espagnol n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en rappelant que par le passé un autre président catalan avait mal fini. Allusion au héro catalan Lluís Companys, torturé puis fusillé, à Barcelone le 15 octobre 1940…par le régime franquiste.

Christophe Garach
Avec Agences