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"On veut sauver la population du Yémen, pas la détruire" (général saoudien Assiri)

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"On veut sauver la population du Yémen, pas la détruire" (général saoudien Assiri)

"On veut sauver la population du Yémen, pas la détruire" (général saoudien Assiri)
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L’ONU estime que la guerre au Yémen a fait plus de 10.000 morts en trois ans et a laissé le pays au bord de l’effondrement. L’Arabie saoudite dirige la coalition de pays arabes engagée dans l’opération “Tempête décisive” qui a été lancée pour écraser un soulèvement des milices Houthies soutenues par l’Iran.
Alors que les avions de la coalition planent dans le ciel, les missiles Houthis viennent du sol. Les citoyens yéménites se retrouvent pris entre deux feux. Ils sont également confrontés à un blocus saoudien qui a aggravé une crise alimentaire déjà dévastatrice dans le pays. Résultat : des millions des personnes au bord de la famine.
Le général de division Ahmed Hassan Mohammed Assiri a été jusqu’en juillet dernier, le porte-parole de la coalition arabe qui intervient au Yémen.
Il a accepté de rencontrer euronews en marge d’un colloque sur l’anti-terrorisme au Yémen, au Liban et en Syrie pour évoquer la stratégie militaire de Riyad au Yémen et sa vision pour l’avenir de la région.

Anelise Borges, euronews :
“Permettez-moi de commencer par vous interroger sur le conflit au Yémen qui d’après les Nations Unies, est la pire crise humanitaire au monde. L’Arabie saoudite mène l’intervention militaire dans ce pays et vous étiez le porte-parole de la Coalition arabe jusqu’en juillet dernier. Vous sentez-vous de quelque manière que ce soit, responsable de la mort de milliers de personnes et du déplacement de millions d’autres au Yémen ? L’Arabie saoudite est-elle responsable de cette ‘pire crise humanitaire au monde’ ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri, conseiller à la sécurité du prince héritier saoudien :
“Pour répondre à ce genre de question, il faut regarder la situation en prenant un angle de vue plus large. Que s’est-il passé au Yémen ? Le Yémen figure parmi les pays qui ont été déstabilisés par ce qu’on a appelé alors, le Printemps arabe. En 2011, les gens sont descendus dans les rues pour obtenir un changement…”

Anelise Borges :
“Pour réclamer un changement, des réformes…”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Pour réclamer un changement : le départ du gouvernement d’Ali Abdallah Saleh. Pour éviter l’effondrement du pays, le Royaume et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont adopté ce que nous avons appelé à l‘époque, l’initiative du CCG : un plan pour éviter l’effondrement du Yémen et donner de l’espoir à la population qui comportait deux parties : premièrement, élire un gouvernement de transition qui dirigerait le pays par deux moyens : une nouvelle Constitution pour l’ensemble de la population yéménite, y compris la minorité Houthie et deuxièmement, la tenue de nouvelles élections libres pour désigner un nouveau gouvernement, un nouveau président, etc.
Ce processus a été supervisé par les Nations Unies, l’Union européenne et le CCG. Et puis, il y a eu le coup d’Etat. Pourquoi s’est-il produit ? Parce que les Houthis représentent une minorité. Et s’ils s’en étaient remis à la décision des urnes, ils n’auraient pas accédé au pouvoir. Dès lors, on voit ce qui s’est passé. Aujourd’hui, le pays a suivi un chemin – disons – bien sombre et finira par constituer un autre Etat défaillant.”

Des crimes de guerre ? "C'est faux"

Anelise Borges :
“Il est certain que les raids aériens et le blocus ont contribué à faire du Yémen ce qu’il est devenu. Le pays a été mis à genoux. Ne pensez-vous pas que l’Arabie saoudite a joué un rôle dans cette crise ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Si vous le permettez, je vais rappeler l’ensemble de l’histoire. On ne peut pas considérer le Yémen comme un seul élément. Vous avez évoqué des chiffres, mais il y a des chiffres différents, différentes évaluations de la situation, différents angles de vue sur cette situation.
Cela ne fait aucun doute qu’il y a des problèmes au Yémen. Il y a une crise humanitaire, mais ce que nous faisons, nous, le Royaume et la coalition, c’est que nous traitons les causes et les conséquences. La plupart des gens qui font des commentaires sur la crise au Yémen se contentent malheureusement de regarder de loin, les conséquences et oublient de s’intéresser aux causes. La cause, c’est qu’il y a un pays qui passera sous le contrôle des milices.
Quelle est la situation aujourd’hui au Liban ? Au Liban, il n’y a pas de gouvernement, pas de gouvernement efficace. Il y a – disons – un gouvernement de façade, mais ce sont les milices qui gèrent le pays et c’est cela que nous nous efforçons d‘éviter.”

Anelise Borges :
“Je voudrais que nous nous concentrions sur le Yémen – nous pourrons parler d’autres secteurs de la région par la suite -. Au cours des trois dernières années, la coalition arabe pour laquelle vous avez travaillé a été accusée de bombarder des habitations, des magasins, des marchés… Pourquoi rien n’a-t-il été fait pour protéger les civils dans cette guerre ? Causer intentionnellement la mort de civils et détruire des biens civils, cela s’apparente à des crimes de guerre..."

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Je pense que c’est faux. Tout d’abord parce qu’il existe une équipe d’enquêteurs qui a pu faire toutes les recherches…”

"Nous ne voulons pas que le Yémen devienne une autre Somalie, une autre Libye, un autre Liban"

Anelise Borges :
“C’est faux de dire que la coalition arabe a frappé des maisons et des magasins ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Oui parce que ce n‘était pas intentionnel. Notre volonté, c’est de sauver la population, pas de la détruire. Il faut revenir au fondement de l’intervention qui est lié à une demande du gouvernement yéménite, c’est un processus légal. Le gouvernement yéménite a demandé la mise en œuvre du Traité de défense commune par le biais de la Ligue arabe. Donc c’est légal. Notre but, ce n’est pas d’attaquer la population. Pourquoi agissons-nous ? Pour tuer la population ? Non ! Aujourd’hui, nous intervenons au Yémen au nom de la communauté internationale. Nous mettons en danger nos soldats, nos ressources, notre réputation, nous y passons du temps. Pourquoi ? Parce que nous voulons ramener la paix et la stabilité au Yémen. Si un autre pays veut s’occuper de la situation au Yémen, qu’il le fasse, il sera le bienvenu.
C’est pour cela que nous intervenons au Yémen parce que nous ne voulons pas que ce pays devienne une autre Somalie, une autre Libye, un autre Liban… Et dans ces trois exemples que je viens de donner, il y a eu des actions de la communauté internationale, puis elle s’est retirée. Nous n’avons pas ce luxe de pouvoir nous retirer du Yémen parce que nous sommes voisins et que nous avons un très grand intérêt à y apporter la paix et la stabilité.”

Anelise Borges :
“Encore une fois, j’insiste : au moins 10.000 personnes ont été tuées dans cette guerre et ces chiffres datent de 2016. Donc le nombre de victimes doit être encore plus élevé aujourd’hui. Quelle est la prochaine étape pour le Yémen ? La prochaine étape de ce conflit ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Je ne veux pas débattre de ces chiffres. Ce chiffre est faux. Il n’est pas exact.”

Anelise Borges :
“Y a-t-il plus de victimes ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Non, il y en a moins. Cela s’explique par le contexte. Il faut avoir en tête comment ces milices fonctionnent."

Anelise Borges :
“Mais c’est un chiffre qui a été avancé par les Nations Unies.”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Je ne crois pas que ce chiffre ait été suffisamment vérifié par l’ONU parce qu’elle n’est pas présente sur le terrain, malheureusement. Et c’est d’ailleurs l’une des difficultés : il n’y a pas d’observateurs de l’ONU sur place. Et donc, ces chiffres sont faux, ils sont répétés inlassablement par ces gens qui veulent que la situation au Yémen reste aussi mauvaise qu’aujourd’hui. Il y a des parties qui ont un intérêt à faire en sorte que le Yémen reste un Etat défaillant.”

"L'Iran a intérêt à ce que le Yémen reste un Etat défaillant"

Anelise Borges :
“Qui a intérêt à maintenir le Yémen dans cette situation ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Ce sont ceux qui soutiennent ces milices. Je vois clairement les choses. L’Iran a intérêt à ce que le Yémen reste un Etat défaillant pour pouvoir le contrôler par le biais des milices. Et c’est une réalité que les gens ignorent. Ils entendent des choses, vont sur internet, trouvent un chiffre qui est faux et le répètent en boucle. Il n’y a pas le moindre rapport émanant des Nations Unies qui ait un lien avec la situation sur le terrain. Pouvez-vous affirmer, vous, qu’il y a des observateurs sur place ?”

Anelise Borges :
“Il y a des militants sur le terrain, il y a des civils…”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Et cela nous donne une image biaisée des choses parce que les militants ont des raisons qui leur sont propres. Il y a un gouvernement qui est reconnu par la communauté internationale et les gens peuvent prendre contact avec ce gouvernement. Ce gouvernement a des personnes présentes sur le terrain et ce sont des Yéménites qui travaillent sur la situation dans le pays et qui peuvent rapporter ce genre de témoignages.
Bref, on ne va pas discuter de ce chiffre parce que je crois, ce n’est pas là, l’enjeu. Nous reconnaissons qu’il y a une crise au Yémen et nous travaillons à la résoudre. Comme je l’ai dit dans une précédente allocution, nous lui avons consacré un milliard et demi de dollars. Je crois qu’aucun autre pays n’ait fait cela.
Nous demandons à ceux qui critiquent la coalition de participer aux efforts pour réduire la souffrance de la population au lieu de faire sans cesse des critiques dans les médias.”

"Nous travaillons à réduire la souffrance sur le terrain"

Anelise Borges :
“Comment régler cette crise ? Comment mettre fin à ce conflit ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Nous travaillons sur trois axes différents : premièrement, nous soutenons les efforts de l’ONU en vue d’aboutir à un règlement politique. Et c’est une discussion entre Yéménites, une négociation entre Yéménites dans l’objectif de ramener la paix et la stabilité. Et nous appuyons l’action du représentant spécial de l’ONU au Yémen et nous lui souhaitons bonne chance et un grand succès dans sa mission. Deuxièmement, nous travaillons à réduire la souffrance dont vous parliez.

Anelise Borges :
“Vous réduisez la souffrance ? Comment ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“En étant sur le terrain et en travaillant avec les gens…”

Anelise Borges :
“Mais si dans le même temps, des avions saoudiens mènent des raids aériens…”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Mais si vous continuez de m’interrompre, je n’arriverais pas à transmettre mon point de vue.
Nous travaillons tout d’abord dans la zone où le gouvernement est présent et qui est déjà sécurisée, en permettant à la population de vivre une vie normale et d’avoir de la nourriture, des médicaments, de l’eau et des services. C’est pour cela que nous avons ce plan global d’un milliard et demi de dollars.
Deuxièmement, nous travaillons avec les ONG et les organisations de la communauté internationale – le Programme alimentaire mondial, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (BCAH) et d’autres – pour faciliter leurs tâches sur le terrain. Voilà ce que nous faisons.”

"Cette campagne militaire vise les milices conformément au droit international"

Anelise Borges :
“Vous l’avez dit vous-même : vous voulez un règlement politique, vous voulez que les parties yéménites viennent à la table des négociations. Mais s’il y a encore des avions dans le ciel qui bombardent la population, comment peuvent-ils négocier ? Les combats doivent d’abord cesser, non ?

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Je crois que vous n’avez pas suivi mon explication. Il n’y a pas d’avions de chasse dans le ciel qui bombardent la population. C’est une campagne militaire qui vise les milices conformément au droit international et au droit des conflits armés et nous respectons tout cela. Vous continuez l’interview en répétant les mêmes choses… Vous n’avez jamais été au Yémen, vous n’avez pas vu quelle était la situation, vous n’avez pas de témoins et vous essayez de transmettre quelque chose de faux. Et j’essaie de corriger ce genre de perception auprès de vous, comme auprès de ceux qui nous regardent.
Ce que nous faisons au Yémen, c’est que nous travaillons contre les milices. Nous sommes sur les mêmes bases que lorsque nous avons travaillé avec la communauté internationale au sein de la coalition contre l’organisation Etat islamique à Mossoul et Raqqa. Nos avions ont opéré en collaboration avec les ceux de la coalition contre l’organisation Etat islamique. Nous sommes sur les mêmes bases. Pourquoi dans un cas, on considère que nos actions sont normales et dans l’autre, on dit que nous bombardons la population ?
Et je vais vous dire une chose : regardez ce que font les milices dans les hôpitaux, les écoles, les zones résidentielles et comme ils rendent les conditions difficiles. Mais nous relevons ce défi parce que nous devons libérer la population yéménite de cette situation. Nous ne pouvons pas renoncer. Si nous le faisons, ce sera la porte ouverte au Hezbollah au Yémen.”

Anelise Borges :
“Le troisième anniversaire de ce conflit a coïncidé avec la première visite officielle de Mohammed ben Salman aux Etats-Unis en tant que prince héritier d’Arabie saoudite. Vous étiez sur place avec lui et de nombreux sujets ont été abordés entre les officiels saoudiens et leurs homologues américains. Et vous avez notamment parlé des efforts pour apporter la stabilité au Bahreïn et dans la région. Qu’envisagez-vous pour y parvenir ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Nous n’en sommes pas à envisager les choses, nous en sommes à la mise en œuvre. Nous travaillons à trois niveaux dans la région. Premièrement, nous continuons d’apporter notre aide aux pays stables en soutenant leur budget, leur gouvernement pour s’assurer qu’ils résistent et qu’ils ont la capacité de lutter contre les activités terroristes dans la région.
Deuxièmement, nous nous efforçons de limiter la déstabilisation des Etats et c’est ce que nous faisons dans les pays que vous avez cités : le Bahreïn, l’Egypte, le Soudan et d’autres. Nous tentons de réduire l’instabilité et de soutenir les gouvernements à travers leur économie, leur budget, et ce afin de ramener la stabilité dans ces pays.
Troisième niveau : quand nous avons une crise majeure comme ce qui s’est passé au Yémen – un pays pris en otage par un coup d’Etat -, nous essayons d’amener la paix et la stabilité.”

"Il n'y a pas que le Moyen-Orient que le régime iranien fait souffrir"

Anelise Borges :
“Peut-on aboutir à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient sans l’Iran ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Quand des pays deviennent membres des Nations Unies, ils intègrent un accord qui inclut toutes les nations, tous les Etats participants et qui prévoit le respect du droit international. Quand un pays veut faire partie de cette communauté, mais refuse de se conformer au droit international, aux accords internationaux et ne respecte pas la souveraineté des Etats, un problème se pose.
Aujourd’hui, il y a un pays au Moyen-Orient qui indique dans sa Constitution vouloir exporter une révolution à l‘échelle mondiale. La France a fait partie des victimes du régime iranien. Ensuite, ça a été le tour du Royaume-Uni avec l’attaque de son ambassade, puis c’est une boîte de nuit à Berlin qui a été visée… Donc il n’y a pas que cette région du monde que le régime iranien fait souffrir. Et malheureusement, ces personnes qui agissaient auparavant sur le terrain sont aujourd’hui ministres et entament le dialogue avec différents pays.
Donc aujourd’hui, de quoi discutons-nous avec nos amis et partenaires ? Nous disons qu’il faut tout d’abord réviser l’accord sur le nucléaire et le rectifier parce qu’ils y ont intégré des erreurs.
Deuxièmement, nous disons que ce n’est pas parce qu’on signe un accord, qu’on est libre d’agir comme bon nous semble dans cette région et qu’on peut la déstabiliser.
Donc nous avons dit à nos amis : ‘Aujourd’hui, nous sommes en première ligne. Demain, ce sera votre tour. Donc, soit nous travaillons ensemble à contenir ce régime sur son territoire, soit nous en subirons les conséquences. Et parmi ces conséquences, il y a le Yémen, l’Irak, la Syrie, le Liban…”

Anelise Borges :
“L’Arabie saoudite entreprend actuellement des réformes majeures. Le prince héritier Mohammed ben Salman mène une campagne d’ampleur contre la corruption, il tente de diversifier l‘économie tandis qu’au plan international, il essaie de jouer un rôle important dans la région. Cela fait peut-être beaucoup, non ? Peut-on faire tout cela en même temps ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Comme je l’ai dit, nous agissons à deux niveaux : au plan intérieur et au plan international et ces deux échelons viennent en soutien l’un de l’autre. Si notre économie reste prospère et solide, alors nous pourrons aider. Si nous avons des difficultés, nous ne pourrons plus le faire.
Dans le même temps, nous continuons de collaborer avec nos partenaires dans la région pour renforcer la sécurité. Parmi les exemples où nous avons réussi à réduire l’insécurité, il y a l’Egypte et Bahreïn. Nous travaillons encore dans cet objectif. Et pour l’atteindre, nous devons réussir à mettre en place notre vision pour 2030.”

"Quand on veut moderniser une société, on doit le faire progressivement"

Anelise Borges :
“Votre vision pour 2030 prévoit des réformes qui concernent les femmes, le lien entre l’Arabie Saoudite et l’Islam... Mais qu’en est-il des droits civils ? Parce que bien sûr, avoir le droit de conduire, c’est important, mais qu’en est-il des droits comme la liberté d’expression, la liberté de parole… Si aujourd’hui, certains ne sont pas d’accord avec le gouvernement, peuvent-ils exprimer leur opinion ? Pourront-ils le faire en 2030 ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Eh bien, je crois, comme vous l’avez dit, qu’il y a beaucoup de choses à faire. On ne peut pas tout faire en même temps : quand on veut moderniser, réformer une société, on doit le faire progressivement. Une évolution très rapide aurait très vite, des répercussions négatives.
Nous réformons tout ce que vous avez évoqué et nous voyons d’abord quelle est la référence religieuse, puis quelle est la réaction de la société à ces changements. Ces choses dont vous avez parlé sont de petites évolutions, mais elles montrent la volonté de sa Majesté le Roi et de son gouvernement d’aller progressivement vers un objectif précis.
Je peux vous assurer que nous ne faisons pas ces changements dans le but de satisfaire les gens, nous changeons les choses parce que nous voulons réaliser nos rêves. Nous ne voulons pas perdre de temps à courir après nos rêves. Nous devons les vivre.”

"Nous sommes amis avec tous les pays"

Anelise Borges :
“Après les Etats-Unis, le prince héritier Mohammed ben Salman se rend en Europe. Que vient-il y chercher ? Des alliés ? Dans quels domaines ?”

Ahmed Hassan Mohammed Assiri :
“Je crois qu‘à l‘échelle mondiale, le Royaume est l’un des cinq pays qui compte le plus d’alliés. Nous sommes amis avec tous les pays. Nous n’avons jamais de différends et quand nous en avons un, nous le réglons par le dialogue, par le droit international. Donc nous sommes amis avec tous les pays.
Et nos visites à l‘étranger ont pour but, de renforcer ce genre de relations. La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis sont nos partenaires depuis la création du Royaume. Donc nous devons leur parler, échanger des idées avec eux, débattre des sujets que vous avez mentionnés dans vos questions.
Si nous travaillons ensemble en débattant, en échangeant des idées, de l’intelligence, de l’expertise, alors on peut réussir ensemble. Donc ce genre de dialogue, c’est justement l’objet de la visite que le prince héritier est en train d’effectuer aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et plus tard en France.”