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Un sèche-linge au lieu d'une augmentation : dégoût à Whirlpool Amiens

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Un sèche-linge au lieu d'une augmentation : dégoût à Whirlpool Amiens

Prétexte usine Whirlpool Amiens
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Les salariés de l'usine Whirlpool implantée à Amiens, dans le département de la Somme, au nord de la France, ont un sèche-linge en travers de la gorge. Ils ont failli s'étouffer en apprenant que la direction du géant américain de l'électroménager préférait leur offrir cet appareil comme dernier cadeau plutôt qu'une augmentation de salaire, alors que le site va définitivement fermer dans deux mois. Du coup, les négociations salariales annuelles qui avaient à peine débuté, hier mercredi, se sont brutalement arrêtées. Tous les représentants syndicaux ont quitté la table, vraiment dégoûtés.

L'amertume est partagée par beaucoup d'habitants d'Amiens, l'entreprise faisait vivre plusieurs centaines de familles. Les employés encore sur le site, environ 280, vont devoir cesser le travail le 31 mai car la fabrique va être délocalisée à Lodz, en Pologne, où les coûts de la production et de la main d'oeuvre sont évidemment bien moins chers.

Du "foutage de gueule", estime le syndicat CFDT

Les syndicats réclamaient 700 euros d'augmentation générale pour compenser les conséquences de la fermeture définitive, se doutant qu'ils ne les obtiendraient pas mais espérant un geste significatif de la direction de Whirlpool. Le sèche-linge "généreusement" offert est vécu comme une dernière humiliation. "C'est du foutage de gueule après des années de bénéfices record. C'est indécent !" a confié Frédéric Chantrelle, le délégué syndical de la CFDT, au journal Le Courrier Picard. "Si on travaillait dans une boucherie, on nous aurait proposé un rosbif. Si on travaillait aux pompes funèbres, un cercueil !", a ironisé un autre représentant de la CGT.

Une décision prise par la Whirlpool Corporation en 2017 avait déjà fortement choqué ses salariés : au mois d'avril, son conseil d'administration avait voté en faveur d'une augmentation de 10% du dividende de ses actionnaires. Puis en novembre, la multinationale américaine avait été éclaboussée, parmi tant d'autres, par le scandale des Paradise Papers : les révélations faisaient état de millions de dollars dissimulés dans des paradis fiscaux comme le Luxembourg ou les Bermudes.