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Colombie : l'accord de paix en jeu

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Colombie : l'accord de paix en jeu
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Quel avenir pour le processus de paix en Colombie ? C'est la question qui a éclipsé toutes les autres tout au long de la campagne présidentielle en Colombie. Le pays, marqué par un demi-siècle de violences, doit choisir dimanche un successeur à Juan Manuel Santos, l'homme qui a signé la paix avec la guérilla des FARC il y a un an et demi. Et le candidat donné favori n'est pas vraiment un défenseur zélé de cet accord.

"Il y a un candidat qui est Ivan Duque, du centre démocratique, un parti à l'extrême-droite du spectre idéologique, appuyé par des partis chrétiens, des fanatiques religieux, commente le politologue Ariel Avila. Et il entend réformer le processus de paix. Réformer, cela veut dire en réalité mettre un terme au processus de paix. Il ne l'appliquerait pas et remettrait en cause la justice transitionnelle."

Il faut dire que la moitié des Colombiens trouvent eux aussi cet accord trop favorable aux FARC et peu soucieux de leurs victimes. Ivan Duque estime notamment que les guérilleros impliqués dans le trafic de drogue ne doivent pas être amnistiés et que la destruction ou la transformation des cultures illicites ne peut pas se faire sur la base du volontariat.

"Le problème, ce n'est pas que les FARC reprennent les armes, je ne crois pas que les commandants des FARC reviennent, assure Ariel Avila. Les mouvements dissidents pourraient grandir, mais les FARC ne reprendront pas les armes. Le problème, c'est que la Colombie serait quand même condamnée à vivre une nouvelle vague de violence."

À l'autre extrême du spectre politique, il y a l'ancien guérillero du M19 et ancien maire de Bogota Gustavo Petro. Le candidat de la gauche radicale est donné second dans les sondages. Pour lui, appliquer l'accord tel qu'il a été signé est une nécessité pour préserver la paix. D'autres propositions sont nettement moins crédibles comme celle de remplacer les revenus du pétrole par ceux des exportations d'avocats.