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Trump n'est plus le maître sur Twitter : interdit de bloquer ses détracteurs

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Par Joël Chatreau
Compte Twitter Donald Trump en mai 2018.
Compte Twitter Donald Trump en mai 2018.

Donald Trump n'aime pas la contradiction, surtout pas sur son joujou, son compte Twitter. Il faut dire qu'il se sert de ce nouvel instrument de communication comme d'une arme politique car il lui permet de propager instantanément ses opinions dans le monde entier. Mais le président américain est mauvais joueur, il déteste qu'on soit abonné à son compte si on n'est pas d'accord avec lui. Alors, il bloque l'accès à ses détracteurs; il en aurait stoppé plusieurs centaines.

Eh bien, c'est fini ! 7 utilisateurs américains de Twitter avaient porté plainte contre cette pratique et ils ont été entendus par la justice. Une juge de New York, Naomi Reice Buchwald, vient de trancher en mettant en avant le premier amendement de la Constitution américaine : la possibilité de réagir aux tweets présidentiels, et de les commenter, y compris négativement, est protégée par le droit à la liberté d'expression. Que le responsable du blocage soit le président des Etats-Unis, a indiqué la juge, ne change rien à la décision judiciaire.

Trump faisait preuve de "censure gouvernementale", selon les plaignants

A partir d'aujourd'hui, Donald Trump n'a donc plus le droit d'empêcher quiconque de s'abonner à son compte personnel @realDonaldTrump, même si c'est pour critiquer durement ses idées et ses décisions politiques. Le Knight Institute, une organisation américaine de défense de la liberté d'expression rattachée à l'Université new-yorkaise de Columbia, a gagné la partie; c'est lui qui accompagnait juridiquement les sept plaignants, de tout horizon puisqu'il s'agit notamment d'un professeur en sociologie, d'un comédien et d'une chanteuse, et même d'un policier.

Le Knight Institute estime que ce jugement est tout à fait satisfaisant car, selon lui, le président américain faisait preuve ni plus ni moins de "censure gouvernementale" sur Twitter. Pour le moment, la justice américaine n'a pas ordonné à Donald Trump de rouvrir l'accès à son compte à toutes les personnes qu'il avait bloquées, mais elle souhaite qu'il le fasse de lui-même en tenant compte du jugement.