Le Minnesota, rejoint par les mairies de Minneapolis et de St. Paul, a poursuivi lundi l'administration Trump en justice afin de contester le déploiement de milliers d'agents de l'immigration (ICE), suite à la mort par balle d'une femme de 37 ans.
La protestation ne faiblit pas aux États-Unis après la mort d'une femme de 37 ans, Renee Nicole Good, abattue mercredi dernier au volant de sa voiture à Minneapolis par la police de l'immigration (ICE).
Ces derniers jours, des dizaines de manifestations et de veillées ont eu lieu à travers les États-Unis pour rendre hommage à cette mère de trois enfants et pour remettre en question les méthodes employées par les agents de l'ICE.
Heurts à Minneapolis
Des affrontements ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi devant un hôtel de Minneapolis et devant le bâtiment fédéral utilisé comme base d'opérations par la police de l'immigration.
Des vidéos filmées par les manifestants montrent des agents fédéraux faisant usage de gaz lacrymogènes et irritants, ainsi que d'armes utilisant des balles en caoutchouc. Une personne, touchée au visage à bout portant, à perdu la vue à son œil gauche.
Dans la banlieue de la ville, des étudiants ont également quitté leurs salles de classe pour protester contre la répression de l'immigration menée par l'administration Trump.
Dans le même temps, les retombées de la mort de Renee Good ont atteint le bureau local du procureur américain. Selon des personnes proches du dossier, cinq procureurs ont démissionné en raison de la controverse sur la manière dont le ministère américain de la Justice (DOJ) mène l'enquête.
Par ailleurs, un responsable du DOJ a déclaré mercredi qu'il n'y avait "aucune raison" de mener une enquête pénale sur les droits civils. Une enquête du FBI sur la mort de Renee Good est en cours.
Action en justice
Malgré la contestation croissante, le département de la Sécurité intérieure (DHS) s'est engagé à envoyer des centaines d'agents de police de l'immigration dans le Minnesota. Le DHS, qui affirme avoir procédé à plus de 2 000 arrestations dans cet État depuis décembre, se dit déterminé à poursuivre ses opérations.
Lundi, le Minnesota, rejoint par les mairies de Minneapolis et de St. Paul, a poursuivi lundi l'administration Trump en justice afin de contester cette décision. La plainte estime que le gouvernement viole le premier amendement de la Constitution en ciblant les États démocrates favorables à l'immigration.
"Vous ne pouvez pas arrêter sans discernement des citoyens américains dans nos rues", s'est insurgé le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey après l'annonce de cette action en justice.
"Vous ne pouvez pas traîner des femmes enceintes dans la neige. Vous n’avez pas le droit de faire sortir des adolescents de leur voiture et de les arrêter quand ils sont, en réalité, des citoyens américains".
Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison a également déclaré que les agents de l'ICE "doivent eux-mêmes respecter la loi dans l’exercice de leurs fonctions".
"Nous estimons qu’ils ne le font pas. Ils doivent agir dans les limites de la loi et de la Constitution", a-t-il ajouté, dénonçant un "usage excessif et meurtrier de la force", des "arrestations racistes sans mandat" et des "attaques contre les tribunaux, les églises, les lieux de culte et les écoles".