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Colombie : un second tour inédit

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Colombie : un second tour inédit

Colombie : un second tour inédit
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REUTERS/Carlos Garcia Rawlins
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Ivan Duque, 41 ans et Gustavo Petro, 58 ans, se retrouveront le 17 juin pour un face-à-face inédit en Colombie où la gauche minoritaire souffrait jusque là de la violente lutte des guérillas pour le pouvoir.

Dans ce nouveau panorama, Ivan Duque n'a pas réussi à répéter les prouesses de son mentor, l'ex-président Alvaro Uribe (2002-2010) élu deux fois dès le premier tour. Le jeune champion de la droite a remporté 39,11% des voix, devançant Gustavo Petro, ancien maire de Bogotá et ex-militant de la rébellion du M-19 dissoute, à 25,1%. La participation a été de 53%.

"Vous pouvez avoir la certitude que nous allons gagner, que l'histoire de la Colombie peut être changée", a lancé le premier candidat de gauche à parvenir aussi loin dans une course présidentielle. Devant ses partisans euphoriques après les résultats, Gustavo Petro a estimé que "maintenant oui, le pluralisme peut être un des axes de la démocratie".

S'exprimant ensuite, Ivan Duque a affirmé vouloir "être le président qui unit le pays", appelant de ses vœux "une Colombie où la paix coïncide avec la justice". Il a réitéré sa volonté de réviser - sans le "déchiqueter" - le pacte avec les Farc, qu'il juge laxiste envers les ex-guérilleros exemptés de prison s'ils admettent leurs crimes.

Cette présidentielle, où la droite dure tente de reconquérir la présidence, va peser sur l'avenir de l'accord de paix signé en 2016 avec la plus puissante rébellion des Amériques, un texte qui a polarisé une société meurtrie par une guerre fratricide, la plus longue du continent.

Outre modifier le pacte avec les Farc, Ivan Duque promet d'éradiquer la drogue, la corruption et de relancer la 4e économie d'Amérique latine, en berne avec 1,8% de croissance. Il défend les valeurs traditionnelles de la famille et vilipende le Venezuela voisin, en faillite. Cet avocat et économiste, qui représente une coalition menée par le Centre démocratique (CD) du controversé, mais populaire Alvaro Uribe, met aussi en cause les pourparlers entamés avec l'Armée de libération nationale (ELN), dernière rébellion du pays.

Son principal rival, Gustavo Petro, du mouvement Colombie Humaine, a séduit les foules avec un programme de réformes économiques favorable aux plus humbles, mais se voit reprocher ses accointances avec le défunt président vénézuélien Hugo Chavez.

Premier producteur mondial de cocaïne, ce pays de 49 millions d'habitants reste confronté à la violence de groupes illégaux, qui se disputent le contrôle du trafic de drogue dans les anciens fiefs des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), converties en parti politique sous le même acronyme.

En tête des nations les plus inégalitaires du continent, la Colombie peine à émerger d'une guerre qui a impliqué une trentaine de rébellions, des paramilitaires et les forces de l'ordre, faisant plus de huit millions de victimes, entre morts, disparus et déplacés.

Avec agence