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Présidentielle en Colombie : quel futur pour la paix ?

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Présidentielle en Colombie : quel futur pour la paix ?

Présidentielle en Colombie : quel futur pour la paix ?
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REUTERS/Andres Stapff
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Les Colombiens devront choisir ce dimanche leur futur président. Et pour ce second tour de la présidentielle, ils auront le choix entre Gustavo Petro, le candidat d'une gauche anti-système, et Ivan Duque, le champion de la droite dure.

Ivan Duque est le dauphin du controversé ancien président Alvaro Uribe dont le mandat (2002-2010) hante encore Cecilia Arenas. Son frère a été exécuté par l'armée en 2008 avant d'être déguisé en guérillero des Farc pour augmenter les statistiques. Ce scandale dit des "faux positifs" aurait fait plusieurs milliers de victimes.

"Plus de 10 700 crimes contre les droits humains ont été complètement oubliés. Il n'est pas possible de les déclarer, personne n'ose parler. Et si c'est Monsieur Duque, un proche d'Uribe, qui est élu, ça va continuer : les gens continueront d'avoir peur et l'impunité perdurera", souligne Cecilia Arenas qui fait partie des Mères de Soacha.

Face à Ivan Duque se trouve Gustavo Petro, le premier candidat de gauche à parvenir aussi loin dans une présidentielle en Colombie. L'ancien maire de Bogotá qui a réussi à séduire la jeunesse avec sa proposition d’une éducation supérieure gratuite et ouverte aux plus pauvres est accusé par ses détracteurs de vouloir transformer la Colombie en Venezuela.

"Il y a tout un imaginaire qui a été créé autour de l'idée selon laquelle le pays entrerait dans le 'castrochavisme' avec Petro. Il y a même des légendes urbaines qui racontent que dès le lendemain, les investisseurs étrangers partiront, que les gens récupéreront leurs capitaux et que les riches vendront leurs appartements", explique Andrés Davila, politologue à l'Université Javeriana.

"L'accord de paix de la Havane avec les FARC est de nouveau mis à rude épreuve dans les urnes. Gustavo Petro estime qu'il doit être maintenu tel qu'il a été signé à Cuba. Iván Duque, en revanche, projette de le modifier pour que les anciens guérilleros condamnés pour crimes contre l'humanité ne puissent pas siéger au Parlement", précise Héctor Estepa, notre correspondant à Bogotá.