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Déchets plastiques : vers l'interdiction de 10 produits à usage unique

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Déchets plastiques : vers l'interdiction de 10 produits à usage unique

Déchets plastiques : vers l'interdiction de 10 produits à usage unique
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Face à l'inquiétante prolifération des déchets plastiques dans les mers et les océans, la Commission européenne passe à l'offensive. A quelques jours de la journée mondiale de l'environnement (le 5 juin), Bruxelles a proposé lundi l'interdiction pure et simple d'une dizaine de produits de grande consommation. Ces propositions de la Commission ont été applaudies par le WWF (World Wide Fund).

Quels sont les produits concernés ?
La Commission a ciblé dix produits en plastique à usage unique les plus présents dans les déchets que l'on retrouve sur les plages ou dans les mers européennes.

Sont notamment concernés : les bâtonnets de coton-tige, les couverts, les assiettes, les pailles, les bâtonnets mélangeurs pour boissons et les tiges pour ballons en plastique.

Précision importante : la liste de ces produits a été établie car des solutions durables et alternatives au plastique "sont facilement disponibles et peu coûteuses", explique la Commission.

Pourquoi les bouteilles en plastique ne sont-elle pas concernées ?
Les industriels affirment qu'il n'existe pas à ce jour de produit de substitution au plastique. Le verre pourrait être une solution mais elle présente aussi de nombreux désavantages... économiques.

Cela dit : face au milliards de bouchons de bouteille en plastique qui se retrouvent dans la nature, la proposition de la Commission prévoit qu'à terme tous les fabricants conçoivent un dispositif dans lequel les bouchons devront rester reliés au récipient.

Quid des autres produits à base de plastique ?
Tous les autres produits qui ne seront pas interdits mais dont l'impact écologique reste néfaste, ces derniers devront faire l'objet d'un étiquetage "clair et normalisé" mettant en garde les consommateurs. Sont concernés : les serviettes hygiéniques, les lingettes humides et les ballons.

Les consommateurs devront-ils payer plus chers leurs produits ?
C'est possible mais il faut aussi penser aux bénéfices globaux pour l'environnement et la santé notamment.
Tout dépendra aussi des produits de substitution développés par les fabricants. Pour les aider, la Commission européenne met déjà à leur disposition des crédits intensifier la recherche et le développement. Des rallonges sont déjà prévues dans le prochain cadre financier pluriannuel post 2020.

Et les emballages alimentaires ?
S'ils ne sont pas interdits, leur usage devra être réduit par les États via des objectifs chiffrés de réduction au niveau national dont les modalités restent à écrire. Des campagne de sensibilisation seront aussi menées.

Le principe du pollueur-payeur va-t-il s'imposer ?
Oui. Même si ce principe existe déjà, il sera élargi à tous les producteurs d'emballages en plastique. Pour les fabricants des dix produits ciblés par la Commission, ces derniers devront en outre participer aux frais de nettoyage de la mer et des plages. Reste à établir une clé de répartition et un montant financier. Ce sont les États qui devront s'en charger.

Les fabricants d'engins pour la pêche sont aussi visés.
Les filets et autres engins de pêche représentent environ 27% des déchets marins. L'objectif est de faire en sorte que la gestion de ces déchets soit désormais valorisée une fois ramenés à terre. Mais ce ne sont pas les pêcheurs qui devront assumer les coûts de cette récupération en mer.

Quand ces mesures entreront-elle en vigueur ?

La Commission européenne espère que les États membres de l'UE et les députés européens parviendront à se mettre d'accord avant les élections européennes. Si ce délai -très court- est tenu, la future loi européenne n'entrera pas en vigueur avant 2020 au mieux.

Que puis-je faire d'ici là ?
Sans attendre l'interdiction des dix produits, il est déjà possible de changer de comportement en renonçant à l'achat de ces produits et en recherchant des produits de substitution.