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Le PDG de Lactalis sur le grill de la commission d'enquête parlementaire

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Le PDG de Lactalis sur le grill de la commission d'enquête parlementaire

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L'affaire du lait infantile contaminé aux salmonelles vue par le PDG de Lactalis devant la commission d'enquête parlementaire.

Six mois après le début du scandale sanitaire, malgré les tentatives d'entraves de Lactalis, les députés ont pu entendre, ce matin, pendant plusieurs heures, le PDG du groupe Lactalis Emmanuel Besnier. Et ils ne l'ont pas ménagé. Ils ont mis en avant son absence de compassion pour les familles des victimes, son indifférence à leurs multiples demandes de rencontre et dit attendre plus qu'une lecture de note et un froid rappel des faits.

D'autant plus que la semaine dernière, en toute discrétion, l'activité de l'usine de production de lait de Craon en Mayenne reprenait après sa fermeture en décembre pour cause de contamination aux salmonelles. Une réouverture incomprise par les associations qui poursuivent Lactalis en justice, et notamment par Quentin Guillemain, président de la l'association des familles de victimes, AFVLCS qui regroupe 800 familles dont les enfants ont été touchés :

"L'arrêté du préfet qui interdit la production dans cette usine est un arrêté qui interdit la production de lait infantile, comme par hasard, on reprend la production sur du lait pour adulte. On pense qu'il s'agit d'une trahison de l'Etat et d'un tour de passe de Lactalis pour reprendre la production."

"Il faut d'abord une reconnaissance de culpabilité , la justice dira s'il faut des indemnisations, on ne veut pas de transactions, de choses à l'amiable qui permettrait à Lactalis d'échapper à l'action en justice."

Entre août et décembre 2017, au moins, 36 nourrissons ont été atteints de salmonellose, dont un bébé espagnol, après avoir bu un lait infantile des marques Picot et Milumel produit dans cette usine Lactalis de Craon, en Mayenne.

Toute l'affaire a été chaotique, de la mise à jour de la salmonelle au rappel des produits et l'opacité du groupe Lactalis qui a pourtant promis plus de transparence depuis l'ouverture de l'enquête du parquet de Paris en janvier dernier pour "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui", "tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine" et "inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit" préjudiciable à la santé et le dépôt de centaines de plainte de parents en France contre le groupe laitier.

Selon l'Institut Pasteur, le lait infantile produit à Craon est à l'origine de deux épidémies de salmonellose, l'une en 2005 avec 146 bébés touchés et l'autre en 2017 avec 37 cas.