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Mexique, le règne de la violence

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Mexique, le règne de la violence
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Cancún, ses plages, ses touristes et sa criminalité record... La destination touristique la plus populaire du Mexique n'est pas épargnée par la violence qui gangrène le pays. De janvier à juin, le nombre des homicides a dépassé les 226 morts de l'année 2017.

Vivre reclus

Les bandes criminelles, qui se financent essentiellement grâce au trafic de drogue, se livrent une guerre ouverte. Et personne n'est à l'abri. Interrogé à l'hôpital de la ville, un homme raconte avoir été blessé par balle en voulant porter secours à un voisin. A Cancún, dit José Luis, il faut vivre reclus.

"Il faut éviter de sortir tard le soir, éviter de sortir en moto, être toujours attentif à ce qui se passe autour de soi, confie-t-il. Et si vous avez une femme, une petite amie, un enfant, alors il vaut mieux ne pas sortir du tout parce qu'avec eux, ce n'est plus possible. Il y a beaucoup de gens nuisibles ici à Cancún."

Des assassinats de candidats

2017 a été l'année la plus meurtrière au Mexique avec plus de 25.300 assassinats. Une violence qui a redoublé ces derniers mois avec la campagne électorale. Plus de 130 hommes politiques ont été abattus, et les principaux candidats à la présidentielle de dimanche promettent de s'attaquer à ce fléau que le président sortant, Enrique Peña Nieto, n'a pas réussi à endiguer.

Les menaces de mort, Pedro Canché connaît bien. Ce journaliste en a reçu beaucoup. Mais lui ne croit pas à une solution politique à la violence et à la corruption. Il s'en explique :

"La mafia a déjà à sa botte beaucoup de candidats, qu'il s'agisse du mouvement Morena, du PRI, du PAN ou du PRD. Où qu'elles soient dans la république, elles sont en train de miner les candidatures parce qu'elles ont beaucoup d'argent pour financer les campagnes."

Dimanche, les Mexicains seront aussi appelés à élire les députés, les sénateurs et de nombreux responsables locaux.

"Cette scène de crime est tristement commune non seulement à Cancún mais aussi dans le reste du Mexique, conclut notre correspondant Héctor Estepa. Les citoyens de ce pays d'Amérique latine ne croient guère au changement avec les élections. Selon eux, les candidats n'ont pas fait suffisamment de propositions pour éradiquer la violence et mettre fin à l'impunité."