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Nantes : trois nuits d'émeutes et des intox

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Nantes : trois nuits d'émeutes et des intox

Nantes : trois nuits d'émeutes et des intox
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La nuit dernière à Nantes, une cinquantaine de voitures, dont celle de la maire, ont été incendiées. Huit bâtiments ont été dégradés et quatre personnes interpellées. Une rébellion née dans des quartiers sensibles de la ville après la mort d'Aboubakar Fofana, qui a essuyé le tir d'un CRS mardi soir.

Pour les habitants révoltés, "la police assassine". Mais pour d'autres français, actifs sur internet relayés politiquement, la victime représentait un danger pour les policiers. Trois nuits d'émeutes plus tard, deux versions des faits s'affrontent toujours.

La légitime défense

Selon une source proche du dossier citée par l'AFP, les cinq collègues du policer auteur du coup de feu, entendus le soir des faits, ont affirmé que le conducteur a fait une marche arrière à "très vive allure", au point de risquer de renverser deux des quatre enfants qui jouaient sur la chaussée derrière la voiture. Toujours selon eux, l'un des policiers a juste eu le temps de pousser l'un des enfants, de prendre l'autre dans ses bras et de se mettre à l'abri devant le fourgon de CRS.

Dans les premières heures suivant les faits, le directeur départemental de la sécurité publique, Jean-Christophe Bertrand, faisait état d'un policier "heurté au genou" lors de la marche arrière. Ce que le procureur de Nantes s'est refusé de confirmer mercredi, tout en affirmant que l'homme faisait l'objet d'un mandat d'arrêt pour "vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs".

Pendant les émeutes qui ont suivi la mort d'Aboubakar Fofana, une source policière reprise par Ouest France faisait état d'un tir de 22 long rifle sur un policier, qui aurait été sauvé par son casque. L'information n'a pas été confirmée.

La "bavure policière"

La version de la mort d'Aboubakar Fofana décrite par les policiers est contredite par des habitants du quartier, qui ont affirmé à l'AFP avoir assisté à la scène. Selon une femme, il n'y avait "pas de CRS derrière la voiture, il n'a écrasé personne".

Des vidéos filmées par les habitants ont été confiées à un avocat, qui souhaite les garder pour constituer un dossier. Un journaliste de RMC, qui affirme y avoir eu accès, décrit : "On ne voit pas de policiers derrière le véhicule, ni d’enfants présents sur les lieux".

Un autre homme assurant avoir assisté à la scène a décrit ce qu'il qualifie de "bavure policière" à la journaliste Marion Lopez.

Les réactions politiques

Le parquet de Nantes a ouvert une enquête judiciaire confiée à l’Inspection générale de la police nationale. Le policier auteur du tir a été placé en garde à vue.