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Corée : ils retrouvent leurs familles 68 ans après

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Corée : ils retrouvent leurs familles 68 ans après

Corée : ils retrouvent leurs familles 68 ans après
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La plupart d'entre eux ne se sont pas revus depuis la Guerre de Corée (1950-1953), conflit qui a scellé la division hermétique de la péninsule. 68 années après, les familles Nord et Sud Coréennes se réunissent enfin à l'occasion de poignantes retrouvailles. Au total, près de 200 familles sont en ce moment rassemblées dans la station de montagne nord-coréenne du Mont Kumgang.

Aucun traité de paix n'ayant été signé, Nord et Sud sont encore, techniquement, en état de guerre, et toute communication civile est proscrite. Néanmoins, ces réunions sont une illustration de la remarquable détente entre le Nord et le Sud, après des années de montée des tensions en raison des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang.

En 2000, 130 000 Sud-Coréens s'étaient portés candidats en espérant se réunir avec leurs familles. Mais le temps est compté pour les survivants de la guerre, plus de la moitié de ceux qui s'étaient inscrits sont aujourd'hui décédés.

Finalement, plus que 57 000 Sud Coréens ont ajouté leurs noms sur le registre du gouvernement. Les 89 Sud-Coréens tirés au sort pour ces réunions s'étaient pour la plupart mis sur leur trente-et-un en prévision de ces rencontres forcément bouleversantes.

Lee Keum-seom, 92 ans, fait partie des rares parents qui doivent retrouver un enfant au Nord. Elle va rencontrer son fils dont elle a été séparée alors qu'ils essayaient de fuir pendant la Guerre.

"Je n'avais jamais imaginé que ce jour arrive", a déclaré Mme Lee. Je ne savais même pas s'il était en vie."

"Je suis sûre que je ne le reconnaîtrai pas. Il avait 3 ans, mais maintenant il en a 71. Et il ne me reconnaîtra pas non plus ! Je veux savoir comment il a vécu toutes ces années, si il a été élevé par une nouvelle mère ou si son père l'a élevé tout seul", témoigne-t-elle.

Certains ont été consternés par le fossé idéologique les séparant. Quelques uns, par ailleurs, ont eu toutes les peines du monde à recoller les morceaux après des décennies de séparation, et en raison de leur grand âge. La plupart des survivants ont plus de 80 ans. Le doyen, cette année, s'appelle Baik Sung-kyu et a 101 ans.

"J'ai aussi pris 20 cuillères en inox", dit-il. "J'ai tout acheté parce que ce sera ma dernière fois."

Jusqu'à mercredi, les participants passeront environ 11 heures avec les membres de leur famille au Nord, sous la supervision d'agents nord-coréens, avant de se séparer à nouveau, cette fois-ci probablement pour toujours.