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L'UE reconnait des "erreurs" dans la crise grecque

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L'UE reconnait des "erreurs" dans la crise grecque

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Des erreurs ont été commises dans la gestion de la crise grecque, tant du côté d'Athènes que du côté européen. C'est ce qu'a déclaré le commissaire européen Pierre Moscovici dans une interview exclusive accordée à Euronews, à l'occasion de la sortie de la Grèce de son troisième et dernier plan d'aide le 20 août.

"Il y a eu des erreurs dès le départ, je le reconnais. Nous pensions que la situation en Grèce était plus robuste qu'elle ne l'était, que les fondations étaient plus solides.", a déclaré le Français chargé des affaires économiques et financières. "Nous avons peut-être aussi pris trop de temps pour prendre les mesures nécessaires de solidarité de mon côté. Nous étions très proches d'un accord en 2014 et si le dialogue avait continué, comme sur la TVA dans les îles, nous n'aurions pas souffert ces 4 dernières années. Il y a aussi eu des erreurs avec M. Varufakis, je pense, qui a proposé un plan B qui n'était pas pertinent et qui a coûté beaucoup d'argent à la Grèce.", a-t-il ajouté, faisant référence à la proposition de 2015 de l'ex-ministre grec des finances Yanis Varoufakis visant à instaurer un 'système bancaire parallèle' en cas de Grexit.

L'austérité, une "nécéssité"

Toutefois, Pierre Moscovici a défendu les politiques européennes d'austérité, affirmant qu'elles étaient indispensables pour changer les dysfonctionnements de l'économie et de l'État grecs.

"La Grèce a fait l'expérience de quand votre dette est trop élevée, vous ne pouvez pas respirer. L’économie est asphyxiée et ça ne peut pas fonctionner. Et c’est pourquoi vous devez réduire votre dette, réduire votre déficit, retrouver votre propre souveraineté. Mais il ne faut pas se tromper: ce n'est pas l'austérité en Grèce qui a créé la crise, c'est parce qu'il y a eu une crise terrible avant que nous avons dû imposer des mesures d'austérité. Nous ne devons pas oublier que l'État grec n'était pas vraiment capable de fonctionner. Que les structures économiques étaient en quelque sorte artificielles ; qu'il y avait une sorte de bulle basée sur du sable. Et nous avons dû changer cela.", a expliqué l'ancien ministre de l'Economie et des Finances sous François Hollande.

Analyste pour le think tank Bruegel, Zsolt Darvas considère également que l'austérité était nécessaire. Il ajoute que depuis 2010, la zone euro a énormément renforcé ses outils pour faire face à une crise. "Le cadre institutionnel s'est considérablement amélioré et la zone euro dispose aujourd'hui de beaucoup plus de marge de manoeuvre. Il existe différents mécanismes de sauvetage, la Banque centrale européenne supervise les banques, ce qui constitue une réforme énorme et très importante."

Quel futur pour la zone euro ?

Toutefois, Zsolt Darvas n'est pas très optimiste. Selon lui, la Grèce aura bientôt besoin d'un autre plan de sauvetage de l'UE en raison de l'importance de sa dette. "Selon moi, dans trois ou cinq ans, il est fort probable que le gouvernement grec soit confronté à d'importants problèmes de financement et qu'à ce moment, un nouveau programme d'assistance financière serait nécessaire." Mais pour l'analyste, le véritable problème pourrait survenir dans la zone euro si l’Italie venait à rencontrer des problèmes de liquidités.