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Abus sexuels contre 3 677 enfants : l'Eglise allemande dit sa honte

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Abus sexuels contre 3 677 enfants : l'Eglise allemande dit sa honte

Abus sexuels contre 3 677 enfants : l'Eglise allemande dit sa honte
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Même si les scandales de pédophilie, qui éclaboussent l'Eglise catholique partout dans le monde, deviennent récurrents, le nombre d'abus sexuels contre des enfants révélé ce mercredi par deux hebdomadaires en Allemagne donne réellement la nausée : au moins 3 677 petits, âgés au maximum de 13 ans au moment des faits, ont subi des agressions sexuelles de la part de prêtres allemands depuis 1946 et jusqu'en 2014. C'est un rapport d'enquête qui l'indique; il ne devait être rendu public que le 25 septembre prochain mais des fuites ont fait éclater la vérité encore plus tôt.

1 670 prédateurs dans une trentaine de diocèses

Les très jeunes victimes sont surtout des garçons. Les prédateurs sont tous des prêtres, pas moins de 1 670, qui exerçaient, ou exercent encore pour certains dans une trentaine de diocèses à travers l'Allemagne. Selon les journaux Spiegel et Die Zeit, qui ont eu accès au rapport, la hiérarchie catholique s'est rendue complice en cachant ou en minimisant la gravité et l'ampleur des abus sexuels. Dans ce but, des documents accusant les suspects ont été falsifiés ou même détruits.

D'ailleurs, selon les auteurs de l'enquête - des chercheurs de trois universités des villes de Mannheim, Heidelberg et Giessen - les clercs soupçonnés étaient la plupart du temps mutés dans d'autres paroisses, histoire de les faire oublier. Pas plus d'un tiers d'entre eux ont été poursuivis selon le droit canonique, et les sanctions, quand il y en a eu, ont été vraiment minimes.

La Conférence épiscopale : "Nous sommes accablés et honteux"

Le rapport a mis du temps à sortir, et pour cause : pas moins de 38 000 dossiers et manuscrits ont été épluchés en trois ans et demi. Son contenu devait donc être exposé à l'occasion de la Conférence épiscopale allemande qui doit se tenir à Fulda, dans la région de Hesse,le 25 septembre. Mais la presse est allée plus vite et a pris de court cardinaux et évêques.

Au nom de la Conférence épiscopale, l'évêque Stephan Ackerman a dû réagir dès ce mercredi : "Nous sommes conscients de l'ampleur des abus sexuels qui ont été démontrés, a-t-il écrit dans un communiqué. (...) Nous sommes accablés et honteux". Cet acte de contrition ne suffira forcément pas à apaiser les nombreuses victimes et leurs familles, après 72 ans d'un trop lourd silence.