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Une centrale solaire sort de l’eau en France

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Une centrale solaire sort de l’eau en France

Une centrale solaire sort de l’eau en France
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Akuo Energy
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Après les éoliennes en mer, voici les panneaux solaires flottants ! Jusqu’à lors les centrales solaires pâtissaient d’un problème... de taille justement. Selon ses détracteurs, leur emprise au sol est trop importante. La solution : les installer sur l’eau, où elles ne gêneront a priori moins.

Les travaux de la première centrale solaire flottante de France ont débuté à Piolenc, une localité du département du Vaucluse dans le sud de l’Hexagone. L’emplacement retenu est une ancienne carrière qui a été inondée depuis des années. Ainsi sur ce lac artificiel, l’entreprise Akuo Energy, spécialisée dans les énergies renouvelables, va installer 47 000 panneaux photovoltaïques, représentant une superficie de 17 hectares. Lorsque cette centrale sera opérationnelle l'année prochaine, elle pourra couvrir l’équivalent de la consommation de plus de 4 700 foyers.

Jusqu'à présent, seuls quelques très petits parcs solaires flottants de quelques dizaines de kilowatts, comme à Illkirch-Graffenstaden en Alsace, avaient été expérimentés en France. Avec une capacité de 17 mégawatts (MWc), la centrale, baptisée O'Mega1, sise sur le plan d'eau de Piolenc est la première d'une taille aussi significative. Le début de la construction sur ce site est l’accomplissement d'un long processus qui avait débuté il y a pratiquement 10 ans. En effet, ce projet avait été initié par Ciel et Terre, l'entreprise qui a développé la technologie solaire flottante utilisée par Akuo Energy.

En la matière, la société française Ciel et Terre, avec ses flotteurs Hydrelio, est le leader mondial de ce secteur qui a son actif plusieurs projets en Asie. C'est d'ailleurs sur ce continent que la plus grande centrale solaire photovoltaïque flottante, (40 mégawatts pour 80 hectares) a été mise en fonction, en 2017, près de la ville de Huainan dans l'est de la Chine.

Pour Eric Scotto, PDG d'Akuo Energy, "l'intérêt du flottant est d'offrir la possibilité de réhabiliter des espaces dégradés par l'homme, comme des anciennes carrières inondées, sans concurrence avec d'autres usages". Les systèmes flottants ont, de plus, l'avantage de réduire les conflits d'usage avec d'autres activité humaines telle que l'agriculture par exemple. A titre de comparaison la plus grande centrale photovoltaïque de France et d'Europe, terrestre celle-ci et mise en service en 2015 à Cestas, au sud de Bordeaux, affiche une puissance 300 MWc à l'aide de ses panneaux occupant 260 hectares.

L'utilisation des espaces offerts par les plans d'eau artificiellement créés pourrait fournir de l’électricité à des millions de personnes comme nous l'explique Charlotte de Lorgeril, du cabinet Sia Partners : "La France compte 705 km² de lacs artificiels et si 30% de leur surface était recouverte de panneaux solaires, cela représenterait la consommation d'environ 4 millions de foyers".

La centrale de Piolenc a été financée en partie grâce à des particuliers, via une opération de crowdfunding, à la seule condition qu'ils soient propriétaires d'une résidence dans le Vaucluse. Les pouvoirs locaux, comme la mairie de la commune, ont également investi dans le projet.

Toutefois, les centrales solaires flottantes suscitent des inquiétudes. De tels équipements pourraient avoir un impact sur les oiseaux migrateurs, qui utilisent les plans d'eaux comme étapes, ou sur la faune vivant sous la surface de l'eau.