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Allemagne : la visite d'Erdogan, une visite pour se retrouver

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Allemagne : la visite d'Erdogan, une visite pour se retrouver

Allemagne : la visite d'Erdogan, une visite pour se retrouver
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Une visite pour repartir du bon pied. Celle de Recep Tayyip Erdogan en Allemagne. Une visite d'Etat, la première depuis 2014, destinée à tirer un trait sur les tensions entre Berlin et Ankara, et rassurer la communauté turque d'Allemagne.

Il y a un an, au plus fort de la brouille, le président turc dénonçait les "pratiques nazies" du gouvernement allemand . Les mots ont choqué, mais aujourd'hui, la relation commerciale entre les deux états reprend le dessus :

Kristian Brakel, directeur de la Fondation Heinrich Böll : "Il y a un décalage entre la façon dont Erdogan est vu et l'importance que donne le gouvernement allemand à la relation germano-turque. C'est une relation qu'ils veulent garder, et ce malgré la personne d'Erdogan".

Lors de cette visite, Angela Merkel devrait plaider pour la libération des Allemands, dont des journalistes, qui sont toujours détenus en Turquie, et pour le maintien de l'accord sur la gestion et la limitation des flux migratoires.

"Erdogan va obtenir de la reconnaissance, poursuit Kristian Brakel. En effet l'Allemagne va monter un grand show pour lui. Ce niveau de visite d'Etat avec tous les honneurs n'était pas nécessaire diplomatiquement, ça aurait pu être une visite beaucoup plus simple. Cette reconnaissance est très importante pour lui et au niveau truc, au niveau national aussi".

Ankara s'est aussi fait punir par les Etats-Unis, avec des sanctions qui ont fait plonger sa devise.

"Il y a la question financière : quand la Turquie est en conflit financier avec les Etats-Unis, elle a besoin de l'Europe à nouveau, et spécialement de l'Allemagne."

Mais cette visite d'Etat semble passer un peu vite l'éponge sur les pratiques d'un régime souvent qualifié de dictatorial. Et tout le monde, loin de là, n'est pas d'accord avec le traitement réservé au président turc.

Ali Ertan Toprak, directeur de l'Organisation des Kurdes d'Allemagne : "Ce que l'Union européenne et l'Allemagne font avec cette visite, c'est courtiser Erdogan l'autocrate. Et de ce cette manière, nous soutenons ses politiques anti-démocratiques. Donc tous les démocrates doivent sortir un carton rouge".

Jona Källgren, Euronews Berlin : "La visite du président turc risque de créer des tensions. Entre les communautés turque et kurde d'abord, et entre ceux qui favorisent l'engagement avec la Turquie et ceux qui observent une ligne plus dure contre le président turc. Mais c'est un risque qu'Angela Merkel est clairement disposée à prendre pour rapporter la relation germano-turque à une sorte de normalité".