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La Marine marocaine tire sur un bateau de migrants et fait un mort

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La Marine marocaine tire sur un bateau de migrants et fait un mort

La Marine marocaine tire sur un bateau de migrants et fait un mort
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Au moins une personne a trouvé la mort mercredi soir après que la Marine marocaine a ouvert le feu sur une embarcation de migrants qui se dirigeait vers l'Espagne. D'après les informations recueillies par l'AFP, il s'agit d'une femme de 22 ans, de nationalité marocaine. Trois personnes ont également été blessées dont une qui est dans un état critique.

Selon les autorités locales, la Marine a été "contrainte" d'ouvrir le feu sur un "go fast", une embarcation rapide, qui refusait d’obtempérer au large de M'diq-Fnideq, une ville située dans le nord du pays, à quelques encablures de l'Espagne. Ils "voyageaient couchés et n'étaient pas visibles" argue cette même source.

Toutes les personnes touchées par les tirs provenait du Rif, à l'extrême nord du Maroc. Selon Mohamed Benaïssa, président de l'Observatoire du nord pour les droits de l'Homme, deux étaient originaires de Fnideq tandis que le dernier provenait d'Al-Hoceima, la capitale de cette région.

A bord du "go fast" se trouvait en tout 25 personnes dont les passeurs espagnols. Le pilote, de nationalité espagnole, n'a pas été touché mais a été arrêté.

Le Maroc, une route dangereuse vers l'Espagne et l'Europe

La route du Maroc vers l'Espagne est à nouveau très empruntée par les migrants, souvent au péril de leur vie. D'après un récent rapport de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, Depuis le début de l'année 2018, près de 300 personnes ont perdu la vie en tentant la traversée maritime. En comparaison, sur l'ensemble de l'année 2017, 200 personnes étaient décédées en mer.

L'incident d'hier soir interroge sur la façon dont le Maroc tente de refouler la migration vers l'Europe. Avec les deux enclaves de Ceuta et Melilla sur son territoire, le royaume est en première ligne. Au cour de l'été, les ONG et notamment Amnesty internationale se sont publiquement inquiétés de voir le Maroc pratiquer une répression à l'encontre de ces populations, qu'ils estiment illégale.

Ils mettent notamment en cause des raids de la police visant les migrants dans des provinces du nord du pays : Tanger, Nador et Tétouan. Selon l'Associaiton marocaine des droits humains, ce sont 5000 personnes qui ont été arrêtées et envoyés vers la frontière marocaine au sud.

Selon Heba Morayef, directrice du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient à Amnesty International, « cette répression (...) représente un recul inquiétant pour un gouvernement qui, en 2013, a adopté de nouveaux engagements en matière d'asile et de migration afin d'amener le Maroc à respecter les normes internationales. »