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Merkel rappelle son gouvernement à l'ordre après une gifle électorale

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Angela Merkel a appelé lundi les membres de son gouvernement à mettre fin à leurs querelles internes sur l'immigration et promis de regagner la confiance des citoyens, au lendemain de la claque historique reçue lors d'élections régionales de Bavière.

Le scrutin bavarois, marqué par les mauvais résultats de ses alliés conservateurs locaux du parti CSU, a montré que "les meilleurs résultats économiques, le quasi plein emploi en Bavière, ce n'est pas suffisant pour la population s'il n'y a pas quelque chose de tout aussi important, la confiance dans les acteurs politiques", a-t-elle déclaré lors d'une conférence à Berlin.

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Or, "beaucoup de confiance a été perdue" depuis la formation dans la douleur de la coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates en mars, a admis Angela Merkel dans sa première réaction au scrutin bavarois.

- Rappel à l'ordre -

Elle a notamment critiqué l'aile droite bavaroise de sa propre famille politique, le parti CSU, qui n'a cessé de critiquer sa politique d'immigration et provoqué plusieurs crises gouvernementales en accusant la chancelière de laxisme après l'entrée dans le pays de plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015-2016.

Les électeurs "attendent" des deux formations alliées que sont le parti de centre-droit CDU dirigé par Angela Merkel et la CSU "qu'ils agissent de concert", a-t-elle martelé.

Mme Merkel, en perte de vitesse dans les sondage, a promis de tirer les "leçons" du scrutin en faisant "plus attention à ce que cette confiance soit là et que les résultats de notre travail deviennent visibles".

Les électeurs bavarois ont en effet infligé des pertes à deux chiffres aux deux alliés de la chancelière, qui gouvernent avec son parti CDU.

La CSU, bien qu'arrivée en tête, sort particulièrement meurtrie. Avec 37% des suffrages, elle perd sa majorité absolue au parlement régional, ce qui ne lui était arrivé qu'à une reprise depuis 50 ans. Elle devra s'allier probablement avec un mouvement indépendant de droite, les "Électeurs libres" pour gouverner.

Les sociaux-démocrates du SPD, pâles 5ème du scrutin, ont connu une véritable débâcle, ne parvenant même pas à atteindre la barre des 10%. Cette déroute va relancer les interrogations au sein du parti sur l'intérêt de participer à la coalition dans laquelle ils sont entrés à reculons au printemps suite aux législatives d'il y a un an.

A l'issue de cette première élection depuis qu'elle dirige le SPD, Andrea Nahles, a préféré renvoyer à "dans les prochains mois" la décision sur le maintien des sociaux-démocrates dans la coalition. Plusieurs de ses cadres poussent en faveur d'une sortie.

- Tremblement de terre -

Les partis d'opposition, en premier lieu les Verts, sortent eux largement renforcés de ce scrutin. Avec un score historique de 18%, les écologistes s'imposent comme le deuxième parti en Bavière.

Quant à la formation d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), elle poursuit, avec 10,6%, son implantation dans le paysage politique allemand. Créée en 2013, elle siège désormais dans 15 parlements régionaux sur 16.

Sept mois après avoir été formée dans la douleur, et après deux crises internes cet été, la "grande coalition" entre conservateurs (CDU/CSU) et gauche modérée (SPD) semble désormais au pied du mur.

"L'épicentre de ce séisme politique est en Bavière, mais il peut provoquer un tsunami qui balaiera le gouvernement fédéral", assène le magazine de référence Der Spiegel. Ce tremblement de terre pourrait connaître une réplique le 28 octobre lors d'un autre scrutin crucial pour Angela Merkel en Hesse.

Cette fois-ci c'est un fidèle de la chancelière et cacique de la CDU, Volker Bouffier, qui mettra son mandat de ministre-président en jeu. Un revers rejaillirait directement sur la chancelière.

Cette dernière apparaît depuis des mois affaiblie comme jamais par les critiques dont elle fait l'objet au sein de son propre camp politique au sujet de sa politique d'immigration.

Elle est en conflit quasi-permanent avec son ministre de l'Intérieur et dirigeant de la CSU, Horst Seehofer, qui a tenté en durcissant son discours sur le sujet, de freiner l'ascension de l'extrême droite.

"Personnellement, je m'en sors très bien. Politiquement, ce n'est pas facile", a reconnu lundi matin M. Seehofer.

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