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F1: comment Vettel et Ferrari ont encore manqué le coche

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F1: comment Vettel et Ferrari ont encore manqué le coche

F1: comment Vettel et Ferrari ont encore manqué le coche
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Sebastian Vettel était en tête à mi-saison, sa Ferrari dominait... Pourtant l'impatience de l'Allemand et les erreurs de stratégie son écurie leur ont encore fait manquer le coche et ont profité à Lewis Hamilton, sacré champion du monde de Formule 1 dimanche.

L'institution la plus prestigieuse de la F1 devra donc attendre pour remporter un nouveau titre après lequel elle court depuis 2007 chez les pilotes (et 2008 chez les constructeurs).

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Pourtant l'écurie de Maranello disposait en 2018 de sa meilleure monoplace depuis dix ans et par moments de la meilleure voiture du plateau, du jamais vu depuis les débuts en 2014 du moteur V6 hybride et de la domination écrasante de Mercedes.

"Le titre n'était pas acquis pour Vettel mais la décision aurait dû au moins se faire lors des deux dernières courses", juge Flavio Briatore.

Pour l'ex-patron de Renault F1, l'erreur de l'Allemand, grisé par cette soudaine puissance retrouvée, a été de chercher à remporter chaque Grand Prix au lieu de jouer placé.

"Il aurait fallu lui expliquer que la course durait 53 tours", commentait-il à propos du départ du Grand Prix d'Italie, où Vettel avait résisté à une attaque de Hamilton et était parti en tête-à-queue après leur contact.

De Bakou à Austin, en passant par Le Castellet ou Hockenheim, l'Allemand a multiplié les erreurs, collisions et freinages manqués.

Pour Jean Alesi, Vettel n'est pas devenu "médiocre" mais, "dans certaines circonstances, il est très facile de faire le mauvais choix".

"Lui et l'équipe doivent retrouver un peu de cette sérénité perdue", enjoint l'ancien pilote Ferrari.

- Une pression immense -

La capacité de la Scuderia à supporter cette pression immense est régulièrement mise en cause, notamment par les féroces médias italiens.

"Peut-être ont-ils perdu la bataille aussi parce qu'ils la ressentent plus fortement que Mercedes", souligne le Brésilien Felipe Massa, vice-champion 2008 avec Ferrari.

Quand Mercedes a une communication sans affect mais bien huilée, Ferrari présente une organisation cloisonnée, fermée à la presse.

Red Bull en retrait, la lutte entre les deux mastodontes au budget annuel frisant le demi-milliard d'euros s'est joué sur des détails.

Mercedes avait débuté la saison en se mélangeant les pinceaux à Melbourne, mais le constructeur allemand a su resserrer les vis, surtout après le double abandon rarissime de ses pilotes en Autriche.

"Nous avons collectivement fait un meilleur travail dans tous les domaines. De l'autre côté, c'est sûr qu'ils n'ont pas été aussi bons à partir de la deuxième moitié de saison", a affirmé Hamilton, revenu lui à son meilleur, en particulier en qualifications.

"Certaines courses ne se sont pas bien passées et ils ont su en profiter", a reconnu Vettel.

En termes de vitesse de pointe, la situation s'est subitement inversée en faveur de Mercedes mi-septembre, au moment où la Fédération internationale de l'automobile (FIA) augmentait ses contrôles sur la Scuderia, soupçonnée par la concurrence d'utiliser une double batterie procurant un avantage énergétique indu.

- 40 millions par saison -

Avec des stratèges tombant dans le bluff des Flèches d'argent ou effectuant de mauvais choix de pneus, qui se dégradaient par ailleurs de plus en plus vite, le management des Rouges partage la responsabilité avec Vettel.

Chez Mercedes, Valtteri Bottas a été confirmé très tôt malgré des résultats décevants, alors que le feuilleton sur l'avenir de Kimi Räikkönen a traîné en longueur.

Vettel a perdu le combat pour conserver ce second grognon mais docile.

L'arrivée du Monégasque Charles Leclerc signe la perte d'influence d'un pilote rétribué 40 millions d'euros par saison jusqu'à fin 2020.

"Tôt ou tard, Vettel sera champion du monde avec Ferrari", a pourtant récemment assuré son patron Maurizio Arrivabene. A 31 ans, le temps presse pour le quadruple champion (2010-2013).

Le président de Ferrari Sergio Marchionne avait fait appel à ses services en 2015 car il voyait en lui le nouveau Michael Schumacher, qui avait redonné ses lettres de noblesse au cheval cabré après quinze ans de disette.

"Schumi" avait ramené le titre constructeurs à sa quatrième saison.

Le décès inopiné fin juillet de Marchionne, qui exerçait une pression constante sur ses cadres, a également pesé.

S'il était encore vivant, le sort d'Arrivabene, actuellement incertain, serait sans doute scellé. Mais son successeur Louis Camilleri pourrait lui conserver sa confiance.

En attendant, les millions de Scuderistes espèrent que Ferrari profitera des changements aérodynamiques introduits en 2019 et que Vettel sera enfin irréprochable en piste.

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