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Dernier budget avant le Brexit : le casse-tête britannique

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Dernier budget avant le Brexit : le casse-tête britannique

Dernier budget avant le Brexit : le casse-tête britannique
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Fixer les prévisions économiques et les orientations budgétaires du gouvernement britannique, sans connaître l'issue des négociations sur le Brexit, tel était l'objectif périlleux de Philip Hammond. Le ministre des Finances dévoile lundi après-midi devant le Parlement le budget 2019. Ce défenseur d'un Brexit "doux " a choisi une "approche équilibrée".

"Les prévisions supposent que nous obtiendrons une sortie négociée, un accord de libre-échange de type moyen et c'est sur cette base que repose le budget. Si nous obtenons un meilleur accord, il y aura un avantage. Si nous partons sans accord, nous serons dans des circonstances différentes et cela exigerait une approche différente, une réponse différente" explique Philip Hammond, le ministre britannique des Finances.

La présentation du budget a été avancée de quelques semaines pour ne pas interférer avec les ultimes tractations pour trouver un accord et éviter un "no-deal" qui effraie les milieux d'affaires et pourrait fortement entraver la croissance britannique.

Le ministre s'est dit convaincu qu'un accord assurerait à son pays un "dividende du Brexit", propre à donner un coup de pouce bienvenu à une croissance qui bat de l'aile depuis le référendum de 2016.

Le budget va prendre un tour d'autant plus politique que son vote au Parlement jeudi constituera un nouveau prétexte pour des députés remuants de s'opposer à la cheffe de l'exécutif conservateur. La stratégie de Theresa May sur le Brexit a divisé son camp, en particulier sur l'épineux dossier de la frontière irlandaise.

La pression est donc forte sur les épaules du mesuré Philip Hammond, qui défend depuis des mois un Brexit "doux", favorable aux entreprises, et le maintien de liens étroits avec l'UE.

Sur le plan comptable, son budget se présente sous de bons augures car les finances publiques sont en meilleure santé. Mais pour ces Britanniques, frappés par dix ans d'austérité, les investissements dans les services publics se font attendre.

"Le système de santé publique a presque été détruit. Les services de police se détériorent. Il n'y a plus d'argent pour rien. C'est terrible" souligne Simon, un habitant de Portsmouth.

"Ils ont réduit le nombre d'assistants dans les classe. Les classes sont trop surchargées. On n'arrive pas à obtenir un rendez-vous chez le médecin. Pour moi, le pays est en train de s'effondrer" s'alarme Carole.

Le déficit public pour l'exercice 2018-2019 pourrait être bien inférieur au 1,8% du PIB prévu jusqu'à présent, ce qui permettrait de dégager une cagnotte de 13 milliards de livres (15 milliards d'euros), précieuse pour financer les dépenses supplémentaires promises par les conservateurs.

Cette bonne nouvelle ne sera toutefois pas suffisante pour tirer d'affaire M. Hammond, qui doit trouver 20 milliards de livres par an pour couvrir des investissements dans le service public de santé (NHS). Il devra également compenser le coût de la poursuite du gel de la taxe sur les carburants et des mesures pour encourager la construction de logements sociaux.

Le ministre des Finances a dû faire face à deux engagements contradictoires de son gouvernement : retrouver l'équilibre budgétaire tout en desserrant les cordons de la Bourse comme le souhaite Theresa May, des promesses qui seront difficiles à tenir.

avec AFP