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XV de France: les Bleus adeptes de la démocratie participative

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XV de France: les Bleus adeptes de la démocratie participative

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Intéressement et participation: depuis son arrivée en début d'année, l'encadrement du XV de France, opposé samedi aux Fidji en clôture des test-matches de novembre, a instauré un mode de management dans lequel les joueurs sont intégrés à l'élaboration du plan de jeu.

Pragmatique et pressé par l'échéance de la Coupe du monde 2019, le sélectionneur Jacques Brunel, nommé fin 2017 pour redresser des Bleus en plein marasme, a souhaité, à la demande du président de la Fédération Bernard Laporte, rassembler autour de la sélection les clubs.

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Ainsi cet été, contrairement au précédent, les internationaux ne se sont pas préparés à l'écart de leurs coéquipiers, et Brunel s'entretient régulièrement avec les techniciens du Top 14 de l'état de ses troupes.

Mais les joueurs sont également évidemment partie prenante de cette démocratie participative, qui a survécu aux premiers rassemblements, quand le peu de temps imparti commandait de parer au plus pressé et de faire preuve d'efficacité.

Dimanche, au lendemain de la précieuse victoire acquise face à l'Argentine (28-13), l'entraîneur des arrières Jean-Baptiste Elissalde a ainsi salué le rôle du groupe dans la préparation de la rencontre: "Les joueurs ont fait preuve de beaucoup d'adaptation pendant la semaine, se sont bien approprié les choses".

Soit le plan de jeu: si les Bleus avaient énormément utilisé le pied une semaine plus tôt face à la défense agressive de l'Afrique du Sud (défaite 29-26), ils se sont ainsi, face aux Pumas, moins servi de cette arme, jouant beaucoup plus à la main et allant rapidement chercher la largeur.

Le résultat du travail vidéo effectué par l'encadrement, mais aussi par les joueurs: "On a repéré que les Argentins contrôlaient plus (en défense), coupaient moins sur les extérieurs" a expliqué mardi le demi de mêlée Antoine Dupont.

- Comme un exposé -

Concrètement, c'est un peu comme si les Bleus retrouvaient les exposés de leur jeunesse sur les bancs de l'école.

Le staff, qui aime s'appuyer sur des leaders (Guirado, Maestri, Picamoles, Lopez, Bastareaud), sollicite également l'avis de l'ensemble de l'effectif.

Répartis en petits groupes, les joueurs décortiquent, avec l'aide d'un analyste vidéo, les forces et faiblesses de l'adversaire à venir, par secteur (défense, touche, mêlée etc.) et affinités: un ailier ne va pas étudier la mêlée adverse, ni un pilier le jeu au pied.

Par exemple, Babillot, troisième ligne, était chargé lundi soir avec son groupe "de l'attaque sur touche (des Fidji)".

"Ensuite chaque groupe prépare un montage de 30 minutes, qu'un joueur va présenter" devant l'ensemble de la délégation, a raconté Dupont.

"On vient avec nos idées. Souvent elles rejoignent" celles du staff, a-t-il ajouté. L'encadrement avait ainsi repéré la faille argentine en défense, mais ne "l'avait pas dit" aux joueurs, selon Dupont, préférant que ceux-ci s'en aperçoivent d'eux-mêmes.

L'exercice, suivi d'un échange, permet de les responsabiliser: "C'est bien de ne pas toujours nous mâcher le travail" a souligné Dupont.

Son autre intérêt est d'intéresser certains éventuels récalcitrants au fastidieux travail vidéo. "Quelqu'un qui n'analyse pas de vidéo tout seul se retrouve forcé collectivement et s'y intéresse, découvre l'équipe qui arrive", souligne Babillot.

Si certains joueurs répètent en boucle préférer se concentrer sur le jeu de leur propre équipe que sur celui de l'adversaire, connaître les forces et faiblesses de celui-ci peut en effet s'avérer utile.

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