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8ème Sommet Africités : l'avenir durable des villes africaines

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8ème Sommet Africités : l'avenir durable des villes africaines

8ème Sommet Africités
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Dans cette édition de Focus, nous sommes au huitième sommet Africités qui s'est tenu fin novembre à Marrakech. Plusieurs milliers de personnalités y ont discuté de la nécessaire évolution durable des villes africaines et de la force de la coopération Sud-Sud.

"Les villes africaines étouffent de plus en plus. Aujourd'hui, elles abritent près de 500 millions d'habitants, un chiffre qui selon les experts, atteindra le milliard en 2040," fait remarquer notre journaliste d'africanews, Wahany Johnson Sambou. "Ces prévisions alarmantes imposent de nouvelles politiques de la ville sur le continent : l'urbanisation, la gestion des flux migratoires, le problème du réchauffement climatique, ce sont autant de questions qui interpellent les élus locaux d'Afrique qui se sont réunis à Marrakech au Maroc, dans le cadre du huitième Sommet Africités," précise notre reporter.

Défis environnementaux

Plus de 7000 personnes ont assisté à cette rencontre organisée tous les trois ans qui cette fois, avait pour thème : "La transition vers des villes et des territoires durables : le rôle des collectivités territoriales d’Afrique". Cette participation record illustre la gravité d'une situation dont Dakar, la capitale du Sénégal, est une illustration.

"Dakar est agressée," constate sa maire Soham Wardini, "le niveau de la mer est monté, ce qui fait que nous avons des inondations à chaque saison hivernale, nous avons l'érosion côtière... Tous ces défis," poursuit-elle, "font que nous devons nous réunir dans des sommets comme celui-ci, sur des plateaux pour échanger, apprendre les uns des autres, mais aussi apporter notre contribution dans ces débats qui nous amèneront à changer l'environnement dans nos différents pays."

Énergie, développement urbain et migration

Ce changement passe par de nouvelles politiques énergétiques, urbanistiques ou encore migratoires. Et à ce propos, les experts insistent sur l'importance de l'intégration.

"Cela passe par un changement de discours, par le développement de nouveaux contacts et par la création d'un nouvel espace qui facilitera l'intégration et l'inclusion sociale," affirme Giulia Lavigna, responsable associée à ONU-Habitat (Programme des Nations unies pour les établissements humains.

Pour une transition vers des villes et des territoires durables, les dirigeants locaux africains misent sur une dynamique continentale qui passe surtout par une coopération Sud-Sud très forte.

"Le partenariat Sud-Sud est la voie qu'il faut suivre," estime Salaheddine Mezouar, l'ancien président de la COP 22. "Je pense qu'il y a aujourd'hui une prise de conscience collective au niveau du continent africain : on le voit à travers la réforme de l'Union africaine, il y a aussi ce besoin d'indépendance financière," renchérit-il.

Fonds africains

L'indépendance financière, c'est l'un des enjeux de ce sommet. D'où la création d'une Task Force - regroupant des institutions financières comme la Banque africaine de développement (BAD) et son homologue ouest-africaine (BOAD) -, mais aussi d'un Fonds de développement des villes d'Afrique (FODEVA).

Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de Cités et Gouvernement Locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), nous précise en quoi ce fonds consiste : "Il s'agit d'un véhicule capitalisé à 20 millions d'euros qui va lever entre 500 millions et 1 milliard d'euros sur le marché financier. On est en train de mettre en place tous les mécanismes pour cela et on pense que les premières opérations vont se faire aux environs de 2021," déclare-t-il.

Le défi pour une Afrique durable est donc lancé par les collectivités locales du continent qui prennent rendez-vous en 2021 à Kisumu, au Kenya.

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