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La crise politique s'aggrave en Roumanie

La crise politique s'aggrave en Roumanie
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Alors que la Roumanie s'apprête à prendre la présidence du conseil de l'Union européenne le 1er janvier, le pays traverse une nouvelle crise politique.

Vendredi, une motion de censure contre le gouvernement soutenu par le Parti social-démocrate sera soumise au vote des députés. La troisième du genre en moins de deux ans.

L'opposition s'insurge contre un projet de loi qui permettrait au chef des sociaux-démocrates de bénéficier d'une amnistie alors qu'il a a été condamné en juin dernier à trois ans de prison dans une affaire d'emploi fictif.

Pour l'homme fort du pays, ce projet de loi ne vise au contraire qu'à réparer les abus du système judiciaire.

Liviu Dragnea, leader social-démocrate: "Quiconque trouve d'autres mesures légales que l'amnistie et la grâce pour réparer toutes les injustices et tous les abus de la justice, aura mon soutien. S'il vous n'avez pas de telles mesures à proposer, alors arrêtez d'hésiter."

La Roumanie est aussi montrée du doigt par l'Union européenne face aux réformes qui menacent l'indépendance de la justice. D'où la mobilisation de l'opposition ces derniers mois

Florin Citu, leader du parti Libéral : "Le gouvernement actuel est celui qui, par ses actions, pousse la Roumanie hors de l'Union européenne et se moque de ses valeurs. Et nous devons arrêter ça, c'est notre devoir de le faire maintenant."

Dan Barna, leader du Parti Sauvez la Roumanie: "S'ils continuent à déstabiliser l’État de droit et le fonctionnement de la justice, cela occultera n'importe quelle performance que nous réaliserons durant cette présidence du Conseil de l'Union européenne."

Malgré sa très nette victoire aux dernières législatives de 2016, le parti social-démocrate fait face depuis deux ans à une très vive opposition : le PSD est régulièrement accusé de vouloir détricoter le système anti-corruption imposé par l'Union européenne. Mais à chaque fois les Roumains ont bravé le froid pour manifester par milliers dans les rues de Bucarest comme ce fut encore le cas l'an dernier.

A ce stade, malgré la fragilité de la coalition au pouvoir, l'opposition n'a que très peu de chance de faire tomber le gouvernement. Mais cette crise vient une fois de plus rappeler combien la Roumanie reste rongée par ses vieux démons : la corruption et l'autoritarisme. Un lourd handicap pour la future présidence de l'Union européenne.

Avec Agences