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Coupes d'Europe: le quart de finale, seuil de rentabilité économique pour les clubs de rugby

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Rentables si jouées à fond: les clubs français obtiennent un retour maximal sur investissement dans les compétitions européennes au stade des quarts de finale, qu'un quatuor espère rallier ce week-end (Racing 92, Toulouse, Montpellier, La Rochelle) en plus de Clermont, déjà qualifié, lors de la dernière journée de phase de poules.

Pa rapport au football, les montants paraissent évidemment dérisoires: alors que les 32 équipes de Ligue des champions encaissent d'entrée un chèque de 15,25 millions d'euros, les six clubs français participant à la Coupe d'Europe de rugby perçoivent cette saison un versement de 950.000 euros, avec une prime de performance de 600.000 euros pour une victoire en finale, là où le Paris SG peut rafler plus de 80 millions d'euros en cas de parcours parfait. Soit un rapport, donc, de un à cinquante!

Mais cela reste un apport substantiel pour toutes les formation du Top 14: ainsi Agen, plus modeste budget de l'élite avec 13,8 millions d'euros, touchera après son élimination en Challenge européen (la deuxième compétition continentale) 650.000 euros, reversés par l'organisateur, l'European Professional Club Rugby (EPCR), via la Ligue nationale de rugby (LNR).

- Un Challenge à valoriser -

"Cela fait partie des rentrées financières non négligeables", estime donc, interrogé par l'AFP, le président du SUA Jean-François Fonteneau. Qui estimait à l'entame de la phase de poules pouvoir compter sur une recette de billetterie de l'ordre de 15.000 euros, une somme qui ne suffit même pas à couvrir les frais d'organisation des trois matches à Armandie (45.000 euros), encore moins des trois déplacements (60.000 euros).

Mal considéré, le Challenge européen n'a jamais transcendé les clubs français. L'impact économique s'en ressent. "Les recettes au stade sont plutôt faibles", reconnaît le président de Bordeaux-Bègles Laurent Marti. "On avait des recettes correctes en Champions Cup (Coupe d'Europe). Il ne faut pas oublier que pour les gens, le Challenge reste une compétition secondaire."

A moins, comme Clermont, de voir les choses dans l'autre sens: en jouant la compétition à fond, l'ASM, d'ordinaire rodée aux joutes de la "grande" Coupe d'Europe, renforce l'intérêt de l'épreuve et garde son fervent public (11.000 abonnés) mobilisé, et ce alors que certains matches ne sont même pas retransmis.

- L'Arena attend son quart -

Ainsi, alors que Clermont touche 300.000 euros de moins qu'en Coupe d'Europe, le club auvergnat entend compenser ce manque à gagner par un stade plein en quarts de finale. "En théorie, on peut gagner plus d'argent sur le Challenge qu'en Champions Cup si on reçoit à domicile", estime-t-on en interne.

Le club qui se déplace en quarts est presque aussi gagnant, les recettes étant partagées à hauteur de 55-45%. Ainsi le Racing 92 a-t-il plus perçu en se déplaçant dans un Marcel-Michelin à guichets fermés en 2018 qu'en recevant Toulon dans son vieux stade de Colombes en 2016.

"Le quart de finale se joue dans une enceinte où on maximise les profits", confirme le club francilien, qui fera tout samedi pour le disputer dans son nouvel écrin, l'Arena. "Pour notre +namer+, Paris La Défense, l'exposition à l'international est essentielle et représente pour lui plusieurs centaines de milliers d'euros économisés en équivalent achat d'espaces pour faire émerger sa marque", explique la direction du Racing.

Si le Racing voit son investissement sportif et financier -- 39.000 de frais en moyenne à chaque déplacement, à la charge du club -- récompensé (deux finales en trois ans, 400.000 euros de prime à chaque fois) le cercle vertueux ne vaut logiquement pas pour Castres, qui n'a plus franchi le premier tour depuis 2002.

"Nous n'avons pas un public pro-Coupe d'Europe et nous avons du mal à remplir le stade. La Champions Cup, c'est l'équivalent d'un petit remplissage de Top 14 pour nous. On verrait peut-être les choses différemment si on jouait un quart", abonde le directeur du CO Matthias Rolland. "Après, il ne faut pas négliger les retombées économiques sur la ville. Il y a des équipes qui sont suivies par les supporters, le Munster, Exeter, et à ce niveau c'est quand même très intéressant."

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