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Inspire Middle East : Walkyrie et Nouvel an chinois à Abu Dhabi

Inspire Middle East : Walkyrie et Nouvel an chinois à Abu Dhabi
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Dans ce nouvel épisode de Inspire Middle East, nous faisons le plein de culture aux Émirats arabes unis (EAU). À Abu Dhabi, nous rencontrons l'arrière-petite-fille du compositeur allemand Richard Wagner, venue mettre en scène le célèbre opéra La Walkyrie. Puis notre reporter Salim Essaid revient pour nous sur les célébrations du Nouvel an chinois dans la capitale et à Dubaï, et sur les relations commerciales grandissantes entre Pékin et les EAU.

C'était l'un des temps forts de la saison de musique classique d’Abu Dhabi : La Walkyrie, de Richard Wagner, a été jouée à l'Emirates Palace, dans le cadre du programme Abu Dhabi Classics.

Cette œuvre est l’une des plus connues du compositeur allemand. Inspirée par la mythologie nordique, elle raconte l’histoire de walkyries intrépides et de dieux rendus fous de colère par l’amour incestueux entre un frère et une sœur.

Un long-métrage décrivant l'histoire de La Walkyrie a été projeté lors des représentations à l'Emirates Palace. Une mise en scène moderne et multimédia, bien loin de la version plus traditionnelle du Festival de Bayreuth en Allemagne, la résidence permanente de l’opéra depuis les années 1870.

Ce rassemblement musical annuel est connu pour ses spectacles de renommée mondiale. Mais il faut parfois attendre jusqu’à 10 ans avant d’obtenir un billet pour l’une des représentations.

Une musique "révolutionnaire"

Markus Poshner a été chargé de diriger l’orchestre à Abu Dhabi. Pour lui, l’attrait indémodable de Wagner vient de l’habilité du compositeur à jouer avec les ensembles classiques et les chœurs.

"Il a une autre façon de raconter une histoire, de faire ressentir des émotions, explique le chef d'orchestre. L’opéra de Wagner est assez différent de celui de Mozart par exemple, car il y a une ligne directrice. Il nous raconte une histoire, et il faut quatre ou cinq heure pour arriver au bout."

Pour Markus Poschner, c’est le "langage musical" unique de Wagner, auquel s’ajoutent ses décors très détaillés et ses costumes, qui lui ont permis d’établir de nouvelles normes pour l’opéra, au XXe siècle et au-delà.

"Il a vraiment changé le monde musical. Surtout après Tristan, tout était différent. On peut citer tous les compositeurs : Brahms, Buchner, Strauss ... Ils n’existeraient pas sans Wagner. C’était la même chose pour Beethoven 50 ou 60 ans plus tôt. Sa musique est révolutionnaire. »

Les adieux de Wotan, La Walkyrie - Festival de Bayreuth, 1976

La metteuse en scène de la représentation à Abu Dhahi n'est autre que Katharina Wagner, l'arrière-petite-fille du compositeur allemand.

Elle a mis en scène l’opéra d’une façon très personnelle, s'enthousiasme le chef d'orchestre. C’est incroyable, vraiment magnifique. Pour moi, c’est un peu difficile car je suis très occupé à diriger l’orchestre, je ne peux pas regarder la scène ni tout ce qui se passe autour. Donc, j'aurais aimé pouvoir rester assis et simplement regarder le spectacle. »

"Le plus important, c’est que la musique touche vos émotions"

Avant la levée de rideau à l'Emirates Palace, Katharina Wagner a pris le temps de discuter.

Rebecca McLaughlin-Eastham, Euronews : La première représentation de la Walkyrie s’est déroulée en 1876 en Bavière et aujourd'hui, c’est la première fois que l’œuvre est représentée entièrement au Moyen Orient. Pourquoi maintenant ?

Katharina Wagner, metteuse en scène : Nous avons travaillé quatre ans sur ce projet et nous avons emmené notre propre orchestre car il est vraiment particulier. Ce n’est par un orchestre permanent, ce sont des musiciens venus de toute l’Europe qui se réunissent l’été. J’étais vraiment heureuse de pouvoir mélanger toutes ces cultures, et je pense que c’est une vraie chance de pouvoir montrer un peu la culture allemande ici.

La résidence permanente de l’Opéra se trouve en Allemagne, dans une salle conçue par Wagner lui-même, avec de grandes qualités acoustiques. Devez-vous adapter l’opéra lors des représentations à l’étranger ?

Non, c'est une version de concert. Mais Abu Dhabi Classics a eu cette merveilleuse idée de laisser tourner en arrière-plan un film produit spécialement pour ici, qui montre l’histoire de La Valkyrie.

Comment pourriez-vous résumer l'œuvre de Wagner, pour ceux qui ne la connaissent pas ?

Eh bien je pense que c’est dramatique, émotionnel et intéressant. Vous savez, vous pouvez analyser une musique d’une manière scientifique, mais le plus important, c’est que la musique touche vos émotions. Et c’est ce que Wagner fait.

À l'instar de votre célèbre ancêtre, la musique coule dans vos veines. Pensez-vous toutefois que le talent musical est inné, ou bien qu’il peut être appris ?

C’est difficile de répondre, car j’ai grandi ainsi. Je suis juste habitué à tout cela,. Mes parents ne m’ont jamais mis la pression, c’était très bien. Ils m’ont laissé choisir ce que je voulais faire, et j’ai été fascinée dès le premier instant.

Votre arrière-grand-père était sans doute le plus critique envers lui-même, mais la société de l’époque avait également beaucoup à redire sur ses spectacles. Comment voyez la critique, particulièrement des médias, aujourd’hui ?

Vous savez, à Bayreuth, nous jouons uniquement du Wagner. Nous essayons bien sûr de développer chaque fois une nouvelle interprétation de ses œuvres. C’est ainsi que nous travaillons. Nous essayons de faire une interprétation réussie et intéressante à chaque fois que nous la jouons.

Les Emirats Arabes Unis en rouge et jaune pour le Nouvel an chinois

Pour la deuxième partie de notre émission, notre reporter Salim Essaid a exploré les traditions du Nouvel an chinois ici, aux Emirats Arabes Uni.

A Dubaï, des milliers de personnes sont venues voir les costumes traditionnels et les danses de dragons lors de la Grande parade de Hala.

Abu Dhabi, elle, était recouverte de rouge et de jaune, les couleurs porte-bonheur chinoises. Selon la tradition, le rouge symbolise la chance et la joie, et le jaune, la prospérité.

Défilé du Nouvel an chinois à Dubaï

Des athlètes de Kung-Fu ont réalisé une série de performances : concert traditionnel de percussions et danses du lion ancestrales. Pour les Chinois, cet animal est un symbole de de sécurité, de chance et de richesse. Alors pour le spectacle, les entraîneurs ont demandé aux artistes de se surpasser.

"Ces gars-là peuvent grimper jusqu’à 6 mètres de haut, en se tenant sur les épaules les uns des autres, explique Raslyn Rasiah, coordinatrice au AMC Asia. Et vous savez, sauter, faire des saltos, ce genre de chose, c’est une activité assez dangereuse et donc hautement qualifiée."

Autre tradition très importante du Nouvel an chinois : la nourriture. Parmi les plats les plus populaires, on trouve les raviolis porte-bonheur contenant une surprise , ou encore, un plat à base de poisson appelé Nian Nian You Yu... un jeu de mot en mandarin, puisque les mots « poisson » et « abondance » se disent presque de la même façon.

La coutume est de laisser un peu de poisson dans l’assiette, en symbole d'excédent pour les douze mois à venir.

Des relations commerciales renforcées entre la Chine et les EAU

La communauté chinoise des Emirats compte des centaines de milliers de personnes. Les liens commerciaux et sociaux entre les deux pays se renforcent donc chaque année.

La Chine et les Émirats arabes unis entretiennent des relations diplomatiques depuis 35 ans. En 2017, la valeur des accords commerciaux ont dépassé les 53 milliards de dollars, si bien que la Chine est le deuxième partenaire commercial des EAU.

Par ailleurs, 60% des exportations chinoises vers le Moyen Orient transitent par les Emirats, selon Reuters.

Le président chinois Xi Jinping à Abu Dhabi, en juillet 2018.

La nation du Golfe joue également un rôle important dans l’initiative «Belt and Road» du président chinois Xi Jinping, dont l’objectif est d’investir dans les infrastructures maritimes et terrestres pour relier la Chine à l’Europe. L'année dernière, Xi Jinping a été le premier dirigeant chinois à se rendre aux Emirats en 29 ans.

Une visite “historique”, selon l’ambassadeur chinois aux Emirats arabes unis, Ni Jian.

Dans le futur, les relations entre les deux pays couvriront tous les domaines : politique, économie, science, éducation, culture, etc, explique l'ambassadeur. En 2017, près d’un million de touristes sont venus aux Émirats arabes unis. En 2018, ils étaient 100 000 de plus. Et cette année, ce nombre devrait certainement augmenter de 10 à 20%».

Avec ce nouvel afflux de visiteurs chinois aux EAU, l'ambassadeur espère que les relations entre les deux pays vont continuer à s'épanouir.