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"Epstine, pas Epstein" : Mélenchon réagit aux accusations d'antisémitisme

Le leader d'extrême gauche français Jean-Luc Mélenchon s'exprime lors de la manifestation du 1er mai, jeudi 1er mai 2025 à Paris.
Le leader d'extrême gauche français Jean-Luc Mélenchon s'exprime lors de la manifestation du 1er mai, jeudi 1er mai 2025 à Paris. Tous droits réservés  Thibault Camus/Copyright 2025 The AP. All rights reserved.
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Par Euronews
Publié le Mis à jour
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Lors d'un meeting de soutien de la candidate LFI à la mairie de Lyon, Jean-Luc Mélenchon a ironisé sur la prononciation du nom du pédocriminel. Une réflexion qui pour laquelle il a été accusée d'antisémitisme. Le chef de file LFI dénonce "la brutalisation de la vie politique".

Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé ce vendredi 27 février sur X "une consternante réaction" à la suite des propos qu'il a tenus lors d'un meeting où il a "ironisé" sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein. De nombreuses personnalités politiques ont fait part de leur indignation, certains l'accusant d'antisémitisme.

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Le leader insoumis était venu soutenir la campagne de la tête de liste LFI pour les élections municipales dans la ville de Lyon. À cette occasion, Jean-Luc Mélenchon a voulu évoquer le "silence médiatique" sur l'affaire Esptein.

"Ah... je voulais dire Epstine, pardon, ça fait plus russe, Epstine. Alors maintenant vous direz Epstine au lieu d’Epstein, "Frankenstine" au lieu de Frankenstein ! Eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire. Vous pouvez tous progresser", a lancé Jean-Luc Mélenchon.

Une "ironie" dans laquelle beaucoup ont lu de l'antisémitisme. La prononciation en -ein est, en France, communément liée à la judaïté. Le pédocriminel Jeffrey Epstein était d'ailleurs juif.

Jean-Luc Mélenchon a réagit sur X. "J'ai ironisé sur la volonté de vouloir faire avec "Epstine" un nom pour "russifier" le problème," s'explique-til. Il dénonce également la "consternante réaction de ceux qui y voient de l'antisémitisme."

Le triple candidat à la présidentielle a également dénoncé "la brutalisation de la vie politique". Selon lui, cette violence "est du côté de ceux qui veulent nous faire taire à force de menaces et d'insultes à tout propos. Ils suscitent délibérément la violence contre LFI."

De vive réactions politiques

"Ce sont des propos abjects, il se défend de leur caractère antisémite, je crois qu’il joue sur l’ambiguïté et c’est une ambiguïté qui n’en est pas vraiment une", a déclaré le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez devant la presse au cours d’un déplacement à Angers, ajoutant condamner "très fermement" les propos du leader de LFI.

Dans le gauche, ses propos ont également fait réagir. Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti Europe Écologie - Les Verts a brièvement réagit sur son compte X. "Rien ne va dans ces propos. Rien," a dénoncé la cheffe de file des Verts

La Ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé a aussi dénoncé la sortie de Jean-Luc Mélenchon. Selon elle, "le nouvel antisémitisme en France s'écrit en 3 lettres : L-F-I".

La réaction a été également immédiate dans les institutions juives de France. Le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Yonathan Arfi a immédiatement réagit :"N’en déplaise à J.-L. Mélenchon, un élève de 5e sait qu’en anglais, “Epstein” se prononce “Epstine”. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain... à l’américaine. Voir dans cette prononciation une manipulation relève d’un délire complotiste aux relents antisémites. Quelle que soit la prononciation, Mélenchon reste un synonyme de l’indignité politique."

"Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites," a-t-il ajouté.

Dog-whistle ou procès d'intention ?

Ce n'est pas la première fois que le groupe LFI ou ses élus sont accusés d'antisémitisme. En mars dernier, le parti politique avait par exemple publié un post représentant l'animateur Cyril Hanouna, d'origine juive tunisienne, avec les codes de l’iconographie des caricatures antisémites des années 1930. L'image est rapidement supprimée des plateformes du Parti politique.

Jean-Luc Mélenchon avait lui-même déjà été plusieurs fois ciblé par de telles accusations. Pendant un voyage en Israël de la présidente de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, le chef de file LFI déclare "Voici la France. Pendant ce temps, Madame Braun-Pivet campe à Tel-Aviv pour encourager le massacre. Pas au nom du peuple français !" La polémique est instantanée. Jean-Luc Mélenchon est accusé de reprendre le terme "camper", utilisé dans la littérature antijuive des années 1930 pour décrire des juifs n’ayant aucune considération pour le pays dans lequel ils sont installés. Le chef de file se défend immédiatement de cette interprétation.

Pour certains, le nombre d'incidents suggère que les insoumis sont dans une stratégie de "dog whistle" ou "appel du pied". Objectif : faire des références, ici antisémites, que seuls certains initiés pourront comprendre, pour créer un sentiment de connivence sur des idéaux controversés et s'assurer leur vote.

Dans le cas de LFI, ces supposés "dog whistle" serait selon le socialiste Jérôme Guedj à une stratégie assumée destiné à séduire "un électorat arabo-musulman". Dans un stéréotype tout aussi raciste que l'antisémitisme présumé de LFI, de nombreux analystes politiques semblent suggérer que cet électorat serait "sensible à ce type de clin d'œil antisémite".

Face aux nombreuses polémiques, le Parti de la France Insoumise se défend. La présidente des députés LFI, Mathilde Panot, défendait le parti en mars dernier lors d'un point presse de son groupe. "Le mouvement de La France insoumise n’a jamais et ne ciblera jamais une personnalité du fait de son appartenance religieuse ou du fait de son origine réelle ou supposée", a-t-elle affirmé.

Au lendemain de son discours de Lyon, Jean-Luc Mélenchon, lui, dénonce la réactionet inverse l'accusation. "Ça pose question sur leurs réelles motivations sur cette question. L'antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet," ajoute-t-il.

Les insoumis contestent régulièrement les accusations d’antisémitisme dont ils sont la cible en dénonçant une "police des mots" et rappellent qu’aucun de ses membres n’a été condamné par la justice, contrairement à ceux de l’extrême droite.

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