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En Serbie, dixième samedi consécutif de manifestations contre le président Vučić

En Serbie, dixième samedi consécutif de manifestations contre le président Vučić
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Pour la dixième fois en autant de semaines de mobilisation, plusieurs milliers de Serbes ont défilé, samedi 11 février 2019, dans la capitale, Belgrade, afin d'exprimer leur colère contre le président Aleksandar Vučić. Des défilés similaires ont eu lieu dans une quarantaine d'autres villes.

Ils ont, comme les fois précédentes, accusé le pouvoir d'autoritarisme, d'empêcher la liberté d'expression, de museler les médias. A cet égard, ils ont réclamé la démission des dirigeants de la chaîne publique nationale de radio-télévision, RTS.

"Nous espérons que la situation en Serbie, avec cette montée de violence que le Parti progressiste serbe (SNS) pratique comme méthode de gouvernement, va changer", a commenté une organisatrice, Jelena Anasonovic.

"Ce régime est devenu très nerveux depuis que le mouvement de protestation a commencé, constate un analyste politique, Jovo Bakic. Il est en train de comprendre qu'il ne peut pas faire tout ce qu'il veut. Ce message clair est l'héritage le plus important du mouvement."

En réaction à ce mouvement lancé le 8 décembre par des organisations issues de la société civile et soutenu par une coalition hétéroclite baptisée "Alliance pour la Serbie", allant de la gauche à l'extrême-droite, le président Vučić a laissé entendre qu'il pourrait convoquer des élections anticipées au printemps prochain. Il a présenté cette proposition comme une "concession" faite aux manifestants... sachant qu'il les remporterait, à en croire les sondages.

Craignant des fraudes électorales, l'opposition pourrait alors les boycotter. Elle envisage aussi de quitter le Parlement et les assemblées locales auxquelles elles participent jusqu'à la tenue d'élections libres.

L'an dernier, la Commission européenne a exprimé des inquiétudes sur la liberté des médias en Serbie, dénonçant des menaces, des actes d'intimidation et même des violences exercées envers les journalistes. Des accusations balayées par le chef de l'Etat.