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L'héritage de la révolution islamique divise la jeunesse iranienne

Masoud Shahrestani/Tasnim News Agency/via REUTERS (THIRD PARTY)
Masoud Shahrestani/Tasnim News Agency/via REUTERS (THIRD PARTY)
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Nés après 1979, les "bébés de la révolution" iraniens doivent faire face à l'héritage de ce soulèvement alors que le pays subit des nouvelles sanctions financières imposées par les Etats-Unis depuis l'élection de Donald Trump.

Alors que l’Iran célèbre le quarantième anniversaire du renversement de Shah Mohammad Reza Pahlavi et de la création de la République Islamique, de nombreux jeunes Iraniens estiment que les objectifs de la révolution n'ont pas été atteints.

Une jeunesse partagée

"Nous avions des objectifs et nous croyons toujours que ceux-ci étaient justes. Nous avions des revendications et nous pensons toujours que ces revendications étaient justes. Mais la révolution n'a pas pleinement réalisé nos revendications, alors que nous nous sommes rebellés pour ces revendications", a déclaré Farzad Farahani, étudiant universitaire âgé de vingt-deux ans à l'Associated Press.

Masoud Shahrestani/Tasnim News Agency/via REUTERS (THIRD PARTY)

La révolution était censée apporter la croissance économique et le développement éducatif et social en Iran. Les dirigeants du soulèvement ont également promis de réserver au peuple une part du profit du secteur pétrolier iranien. Pour beaucoup, la promesse n'a pas été tenue.

"La situation économique est très mauvaise. Mon père est allé faire la guerre, et il a été blessé. Il était près à se sacrifier, il aimait l'Ayatollah Khomeini" confie Kimia Zakeri, une étudiante de 20 ans. "Mes parents sont très malheureux. Ils pensent que la situation économique aurait dû être bien meilleure. Les croyances des gens sont un peu moins fermes qu'auparavant " constate-t-elle.

Mais d'autres voient des changements beaucoup plus positifs depuis la chute du Shah.

"_Avant cette période de quarante ans, les gens n’avaient pas le droit de vote_r", constate Mohammad Ahadi. "Ils disaient, que le Shah faisait tout ce qu'il voulait. Mais aujourd'hui, lorsque l'on regarde ces quarante dernières années, nos missiles et notre technologie nucléaire ainsi que notre influence dans le Moyen-Orient et au-delà font parler le monde entier", a ajouté ce cuisinier de 25 ans.

L'Iran des Ayatollah, porteuse d'avancées ?

De manière générale, la société est plus égalitaire depuis la révolution. Aujourd'hui, presque tous les Iraniens savent lire, ce qui n'était pas le cas en 1976. D'après les dernières statistiques gouvernementales, 47% de la population savait lire à cette période.

Mais outre l'augmentation du nombre d'Iraniens inscrits à l'université, le chômage reste élevé dans le pays. Au moins un diplômé sur quatre ne parvient pas à trouver du travail, selon le Fonds monétaire international, qui prédit un taux de chômage de 14% en 2019.

Selon Mania Filum, 27 ans, même si davantage d'Iraniens sont éduqués, beaucoup cherchent des occasions de partir en raison de la situation économique du pays. "Tout le monde souhaite obtenir des bourses d'études pour réaliser des doctorats et quitter l'Iran".

Le rôle des Américains

Les jeunes Iraniens ont connu des moments de fortes tensions politiques mais ont également bénéficié d'une brève réduction des sanctions après la conclusion par l'Iran d'un accord sur le nucléaire qui limitait l'enrichissement de l'uranium en 2015. Un répit qui fut de courte durée ; Donald Trump a décidé de réintégrer ces sanctions en 2018, après son retrait de l'accord, amplifiant le sentiment anti-américain ambiant à Téhéran.

Meghdad Madadi/Tasnim News Agency/via REUTERS (THIRD PARTY)

Pour Shayan Momeni, 27 ans, les problèmes de l’Iran sont produits par les États-Unis.

"Les États-Unis aiment dominer le Moyen-Orient, mais ils ne peuvent y parvenir. Maintenant, ils ont du mal à nous mettre à genoux, mais ils n'ont pas réussi."

Mais tout le monde n'est pas de cet avis. D'après Mania Filum, "l_e Japon aurait pu couper ses liens avec l'Amérique pour toujours après Hiroshima et continuer à dire Mort à l'Amérique, mais il a conservé ses liens, en a profité, ce qui a grandement contribué à son progrès_", a-t-elle déclaré. Elle fait un constat : "L'Iran n'est pas comme ça. L'Iran insiste toujours sur le fait que l'Amérique est mauvaise, c'est notre ennemi. La Grande-Bretagne est mauvaise, c'est notre ennemi", avant de s'interroger : "C’est l’indépendance à quel prix? Au prix de l’aggravation de nos vies?".