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Venezuela : le système D contre l'hyperinflation

Venezuela : le système D contre l'hyperinflation
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Jusqu'à samedi dernier, 20 000 Vénézuéliens en moyenne franchissaient chaque jour la frontière avec la Colombie pour y acheter les produits devenus introuvables dans leur pays, autant dire presque tout.

Le jour de notre tournage, nous avons fait la connaissance de Marco, venu chercher de la farine et du riz. Au Venezuela, les prix auraient augmenté de plus de 1 700 000 % en 2018. Un hyperinflation telle que beaucoup comme Marco n'utilisent plus que des pesos colombiens.

« Personne ne veut plus du bolivar »

« Personne ne veut plus du bolivar, la monnaie vénézuélienne, explique Marco Rosales, un artisan qui vit de la confection de vêtements. En ce qui me concerne, dans mon commerce, je me fais payer en pesos colombiens parce que tous mes approvisionnements, je dois les faire en Colombie. Les matières premières sont introuvables au Venezuela, donc tous les approvisionnements doivent être payés en pesos, et les salaires des employés doivent aussi être payés en pesos. »

Dans la rue, sur des étals, les bureaux de change improvisés foisonnent. Monica en tient un.

« Nous avons beaucoup d'argent sur les tables parce que les gens ne veulent pas retourner au Venezuela avec des bolivars, explique-t-elle. Ils veulent des pesos. »

Le gouvernement vénézuélien a tenté diverses mesures pour freiner l'hyperinflation, y compris la création d'un cryptomonnaie, le petro. Mais rien n'y a fait, les prix continuent de flamber.

La zone frontalière, une économie fleurissante jusqu'à samedi dernier

À l'origine de l'hyperinflation qui n'a fait que s'aggraver avec les années, il y aurait eu l'effondrement des prix du pétrole, dans une économie qui en est totalement dépendante, mais pas seulement. La corruption, un contrôle strict des changes, l'accaparement des matières premières et les sanctions américaines ont notamment contribué à la situation actuelle. Une situation qui fait les affaires des commerces du côté colombien de la frontière. Ici, la crise économique et monétaire vénézuélienne est une aubaine.

« Ici, c'était une zone morte, on n'y vendait presque rien, se souvient Andres Jaimes, un commerçant. Sincèrement, tous les habitants vous le diront, il n'y avait quasiment aucune production. Et nous avons bénéficié de la situation. De nouvelles affaires ont ouvert, de nouveaux supermarchés, nous en avons profité. »

Ces derniers jours, la fermeture de la frontière ordonnée par le président vénézuélien Nicolas Maduro a toutefois mis un coup d'arrêt à ce commerce lucratif, mais d'autres, comme celui des passeurs, ont pris le relais.